offrande
6/03/2010
Ophrys des Lupercales (Ophrys lupercalis), Gran Muntanya, L’Estartit, Catalunya, février 2010
L’expressivité presque animale des Orchidées les écarte des autres fleurs. Celle-ci, la première Ophrys de l’année, semblait chuchoter coucou, me voilà. Hirsute, à peine réveillée par les tiédeurs, elle se comparait à la mouche qui viendrait tantôt lui voler sa semence. Sa tête inclinée dodelinait presque au doux vent d’ouest. Il n’y pas deux spécimens pareils, à tel point que l’on voudrait se pencher sur chacune d’elles pour toutes les dévisager. Chose ardue quand la garrigue fleurit de vagues d’elles, mais au moins sait-on grâce à ces fleurs que la monotonie du paysage méditerranéen n’est qu’apparente. On pourrait se donner la peine de fouiller au-delà de l’impression, s’offrir ce sentiment de déférence vers chaque être. Et alors la symphonie du vivant ne saurait être moins lyrique que par les notes d’affection que nous sommes prêts à signer sur sa partition.
[L’Ophrys des Lupercales est la première Ophrys à consteller le maquis catalan, mais la Barlie de Robert, une autre Orchidée de la famille des Himantoglossum, la précède de quelques semaines. Viendront se joindre à elles, pour ne citer que les plus courantes et par ordre d’apparition, l’Ophrys en forme d’Araignée, l’Ophrys de la Passion, la magnifique Ophrys Frelon et enfin l’Ophrys Abeille.]


6 commentaires
on croirait un sublissime chausson de vair… Que se passera-t-il à minuit ?
par Saveur le 6/03/2010 à 23:37. #
Et pourtant ce n’est pas tout à fait le Sabot-de-Vénus… Il existe sûrement des légendes autour de ces fleurs que, dans le Midi, ma mère appelait « langue de loup» …
par Richard le 6/03/2010 à 23:47. #
Un coeur de velours ! Et ce vert !
Le Perche a aussi ses orchidées – une petite dizaine d’espèces dont l’une est ‘présumée disparue’ d’autres menacées…
Avec le temps sibérien et son vent d’est que nous connaissons en ce moment elles ne sont pas prêtes de montrer le bout de leur coeur !
par karine le 7/03/2010 à 11:34. #
Karine, je suis sûr qu’il existe bien plus qu’une dizaine d’espèces d’orchidées par chez toi (en Isère, nous en avons près de 70 ! dont certaines présentes sur une seule station…). La Sibérie souffle aussi du côté du Perche? Alors rallumons le feu : il floconne sans relâche depuis ce matin à Grenoble.
par Richard le 7/03/2010 à 18:08. #
Il y en avait de toutes petites sur les pelouses calcaires de Moselle, dans une ancienne vie.
Ici, elles sont gigantesques parfois, elles font presque peur…Des genre de monstroplantes, tellement animales, justement.
par Euphrosine le 11/03/2010 à 21:36. #
[...] pierre ou de glace.» (Philippe Jaccottet, Cahier de Verdure). Guetter leur apparition chaque année à la lisière de l’hiver, comme vouloir s’assurer que le temps file encore un [...]
par la révolution de l’orchidée : A PART SOI le 22/02/2011 à 22:30. #