Articles marqués avec ‘macro’

un rêve d’été

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Mélitée sp., Drôme, 21 juin 2014
« Nous tournons le dos à la nature, nous avons honte de la beauté (…) Le monde a été amputé de ce qui fait sa permanence : la nature, la mer, la colline, la méditation des soirs. Il n’y a plus de conscience que dans les rues, parce qu’il n’y a d’histoire que dans les rues, tel est le décret. Nos philosophes ne contiennent rien que le non-sens ou la raison, parce qu’ils ont fermé les yeux sur le reste. » (Albert Camus, l’Eté, 1946)

le bel âge

bebete

Cantharide moine (Cantharis fusca) sur Renoncule, Chartreuse, Isère, mai 2014
Sept ans de bonheur pour le projet Ecolo-Info ! Lancé en mai 2007 par la journaliste Anne-Sophie Novel et une poignée de pionniers pas niais, Ecolo Info s’est rapidement imposé comme l’un des médias influents sur l’écologie et le développement durable. Fort d’une trentaine de contributeurs, le site d’information attire aujourd’hui plus de 2000 lecteurs quotidiens, sans compter près de 23 000 abonnés à la page Facebook. Ecolo Info organise aussi des événements réguliers ouverts à tous, comme cet apéro lundi 26 mai à Grenoble, à propos de l’alimentation bio et locale, au Clair de Lune, 24 rue Très-Cloîtres, à partir de 18h30. Papotages sur le potage et au-delà, les bons plans pour se nourrir intelligemment dans les parages.

soleil paradoxal

soleil

Isère, avril 2014
« Ce n’était pas une abeille, en fait, c’était un éléphant comme Alice le constata bientôt, ce qui eut pour conséquence au prime abord de lui couper la respiration. « Faut-il que les fleurs soient énormes », pensa-t-elle ensuite, quelque chose comme des maisons dont on aurait enlevé le toit et auxquelles on aurait mis une tige, et quelle quantité de miel ils doivent faire! » (Lewis Corolle, non, Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles)

figure de la dissidence

libellule

Neurothemis sp., Gede Halimun national park, West Java, juillet 2013
Les forêts grouillent, infusent, rugissent, bruissent, palpitent de toutes parts, mais on ne sait jamais vraiment d’où viennent ces mouvements ni qui les commande. L’immensité des forêts dépasse la raison, déborde nos croyances et conteste notre autorité constructive. L’architecture des profondeurs verdoyantes répond à des signaux qui nous demeurent invisibles. On ne pourra jamais bâtir une ville avec la complexité organique d’une forêt, dans son miraculeux équilibre des forces et des flux, avec ses percolations infinitésimales, son temps qui se perd, ses créatures improductives, qui vont où elles veulent, aiment à discrétion, sans se soucier de performance.

l’or d’été

Tam Dao National Park, Vietnam, août 2012
  Le printemps cette année-là fut si gris et encombré que les jours d’été, lorsqu’ils réussirent à s’imposer au bout d’interminables semaines secouées de tempêtes et de bourrasques, semblèrent irréels. L’absence entêtée du soleil nous avait rendus méfiants de toute éclaircie. Nous étions pourtant en train de connaître un bouleversement majeur : le ciel resterait bleu, égal, jusqu’au fin fond de l’été, et c’est à ce moment-là, au retour des premiers orages, qu’il nous viendrait la certitude d’avoir enfin vécu – à défaut d’avoir su vivre dans toute sa mesure l’éblouissement présent.

(C’est cet été que Johnny choisit de disparaître pour de bon. Pas tout à fait du champ des ondes, puisque, comme beaucoup l’avaient craint, l’on déploya des hommages à n’en plus finir, à coups d’archives pré-pompidoliennes, de témoignages compassés de vieilles gloires sans lustre, et même de débats contradictoires opposant philosophes friqués de gauche et soudeurs de Métalusine. Sur une question qui taraudait même les libellules : « Johnny était-il un rocker refoulé ? » Pour tenter d’y répondre, on disséqua sa passion précoce pour Georges Brassens, mit en perspective sa façon de tenir le micro et même Alex Beaupain vint apporter un témoignage troublant. De quoi presque oublier les circonstances de sa disparition : Johnny est mort à l’âge de 113 ans dans sa friteuse qui fumait mou, à l’heure du repas, entouré de ses onze arrière-petites-filles. Un doigt malencontreux sous le couvercle et le chanteur fut happé, englouti dans l’huile brûlante. Rendus rapidement sur les lieux, les pompiers constatèrent une sorte d’hippocampe qui surnageait dans le liquide encore chaud. On se demande encore s’il n’avait pas confondu la friteuse familiale avec son jacuzzi.)

 

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