room service
8/03/2010
Bam ! Ma carlingue sous la neige se prend un retour d’est à vingt-trois heures quarante-sept. On dirait que le printemps va se jouer dans un mouchoir. Des cœurs vont crever d’un froid tardif : Pâques aux trahisons, avril sans coup de fil, j’ai peur de ça. Ton visage apparaît dans le temps qui glace, je te rejoins mais la bise t’efface. Péril à la périphérie de la ville : j’ai raté tes courbes, c’est invivable en marge de toi. Je tourne un film d’ex en roue libre. Dans le grand blanc je me débats. Je virevolte, je fais ma révolution désoeuvrée. Mon branle-bas de combat. On annonce des congères sur l’ascète et je ne suis pas taillé pour briller en solitaire. Alors les yeux fermés je remonte vers ton ventre capital, j’assiège ton capitole. Et à la foire d’empoigne, je prends ta place d’assaut.


9 commentaires
Quand j’aime des passages dans les livres, je corne les pages. Pour pouvoir y revenir plus tard.Parce que la bonne littérature, les beaux mots, on ne s’en lasse jamais, et qu’il fait du bien de la (re)lire.
Pourquoi ne peut-on pas corner une page web?
Richard, c’est sublime.
(Et plutôt chaud, pour le retour du grand froid!)
par Tiffany le 8/03/2010 à 09:06. #
waouw ! super, le texte … je mets une petite croix (au crayon, le suivant pourra l’effacer
)
seule solution pour le garder / le retrouver : te le chiper …..
par loupiotte le 8/03/2010 à 10:03. #
Bravo bravo et bravo. Un livre, un livre.
C’est en effet difficile, la brillance en solitaire. Tu ne peux plus rejoindre la campagne ? Ici de vieux chênes sont tombés. Ils gisent, leurs branches à la verticale dans ce bleu du ciel exceptionnel en terre du Perche. Des siècles à terre.
par karine le 8/03/2010 à 11:52. #
Merci pour vos encouragements renouvelés.
Karine, on a coupé la moitié des arbres ici la semaine dernière. Pas des gros chênes séculaires, plutôt des jeunes frênes séculiers, sur lequels les pics et les sittelles s’entraînaient. Et le bleu éclate à présent ici aussi. Paysage irréel de printemps, d’hiver, de mort, de vie tout mélangé.
par Richard le 8/03/2010 à 13:24. #
C’est très sexe ça!!!
par christian le 8/03/2010 à 20:54. #
Comment ça, Christian? On m’aurait caché quelque chose?
par Richard le 8/03/2010 à 21:18. #
Quelques accents que Bashung aurait aimé :» Dans le grand blanc je me débats. Je virevolte, je fais ma révolution désoeuvrée. Mon branle-bas de combat.»
par karine le 9/03/2010 à 08:16. #
Les lettres en avant, tiens…
Quand je pense qu’il n’y en a pourtant que 26 pour tout le monde, je me dis que dans le petit sac en tissu dans lequel on les agite pour les choisir ensuite, l’aveuglette n’est pas de mise et la justice n’existe pas! Quel verbe, Richard, le printemps te réussit, de mon point de vue. Du tien aussi,j’espère.
par Euphrosine le 11/03/2010 à 21:43. #
Euh, le printemps, Euphrosine? Par où il est sorti celui-là, on l’avait pas vu rentrer?
Oh, Karine, tu penses bien que je pense à lui, plus souvent qu’à mon tour…
par Richard le 11/03/2010 à 23:14. #