Articles marqués avec ‘fleur’

vu d’avril un soir

Belledonne et Chartreuse, Isère, avril 2014
Combien de printemps, combien d’avrils me reste-t-il ? Combien d’eaux de mars passées à guetter cette prime douceur qui reviendrait comme un suc éblouir ma langue natale ? Combien de joies vives le temps me laissera boire encore, agenouillé à sa source, jusqu’à devenir saoul ? Et après nous, qui foulera la terre de Dieu où la morille se cache ? Laissera-t-on intacts le petit sentier des grillons, et ce bois pour les deux chouettes qui se répondent, et cette prairie pour le renard en maraude? Qui chérira aussi fort que nous sa fugitive rousseur ? Je n’ai pas fini de regretter tout ce soleil qui va briller pour d’autres moins précautionneux. Combien d’années à tout revivre aussi fort qu’au premier printemps ?

soleil paradoxal

soleil

Isère, avril 2014
« Ce n’était pas une abeille, en fait, c’était un éléphant comme Alice le constata bientôt, ce qui eut pour conséquence au prime abord de lui couper la respiration. « Faut-il que les fleurs soient énormes », pensa-t-elle ensuite, quelque chose comme des maisons dont on aurait enlevé le toit et auxquelles on aurait mis une tige, et quelle quantité de miel ils doivent faire! » (Lewis Corolle, non, Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles)

froide ivresse

Euphorbe des garrigues (Euphorbia characias), Muntanya Gran, Espagne, mars 2013
Bourgeons en berne, corolles aux abois : le printemps cette année est un fêtard mouillé. La biche s’épuise déjà, le pêcheur a pris la mouche. Le silence a piqué le verger. Tête à la renverse rêve à la tendresse mais la greffe du figuier n’a pas pris. Tes yeux lacustres ont des reflets de neige et voilà que ma barque dessus s’impatiente. Sous ton col le torrent de fonte enterre ses eaux. Nous sommes passés à autre chose, lune ne sait quoi. Qu’en n’ai-je à faire au fond? Après l’hyménée hiémal, je laisse mars libre de ses contusions.
« Tout ce qui est atteinte est des truites » (d’après Montherlant)
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