Vincent, François, Paul et les autres
28/01/2010
Madurai, Tamil Nadu, juillet 2008
La vraie douleur ne fait pas de bruit. Elle se glisse en silence sous le socle d’une trop longue attente, salue la fatigue du soir qui remplit la place. Elle ne s’affranchit ni de signes ni de mots. La vraie douleur s’attarde au carrefour des solitudes, elle noue patiemment les mains d’un hiver toujours plus long et rude. Elle dérobe le souvenir, nous rhabille de frayeur. La vraie douleur est le temps qu’on apprend à mesurer au pétale des amitiés qui fanent, ce temps qu’on ne sait plus remplir et qui nous vide, d’amour, de ciel et d’aventure.
Vincent, François, Paul et les autres est un film de Claude Sautet de 1974. « Vincent, François et Paul se connaissent depuis quelque vingt ans et passent ensemble de nombreux week-ends, dans la maison de Paul, à la campagne. (…) Paul est journaliste, il est heureux avec Julia. Son drame, c’est qu’il ne peut terminer le livre qu’il a commencé à écrire il y a longtemps car il veut être écrivain et ne plus se contenter de simples articles. (…) A la fin, ouverte, du film, les personnages regardent ensemble un point inconnu, dans la rue, au-delà de l’écran. Tout continue.» (Jacques Layani, Les Films de Claude Sautet).

7 commentaires
V, F, P&Cie, universels et intemporels
par JoL le 29/01/2010 à 00:21. #
Oh j’adore ce film, tu sais ?
J’en ai entendu un extrait l’autre jour à la radio, de celui là ou d’un autre de Sautet, avec Piccoli, je sais plus.
Je me suis dit » je veux les revoir» . Ils m’ont construite un peu aussi.
par Lôlà le 29/01/2010 à 12:28. #
JoL, et Max, Mado, César, Rosalie etc.
LÔlà, pareil, et il en est ainsi de presque tous les films de Claude Sautet (il n’y a guère que le dernier, Nelly et M.Arnaud, que je n’ai pas beaucoup aimé). Revoir ces films quasi sociologiques à différentes périodes de la vie est intéressant : on leur découvre une portée nouvelle, on se sent même concerné par certaines histoires, on s’identifie mieux à certains personnages… Bref, ils nous parlent différemment à chaque fois.
par Richard le 29/01/2010 à 12:38. #
ton texte me rend muette…
merci:)
c’est malin j’ai ma larme…..:))
par bé@ le 29/01/2010 à 12:52. #
Seul l’homme à droite n’a pas de montre cependant que le temps a l’air de peser sur ses épaules.
Qui écoutent-ils?
par karine le 30/01/2010 à 22:44. #
Un retour sur les film ou sur les livres d’hier est en effet soit palpitant soit décevant. La relecture de « Poil de carotte» , à part pour la richesse des lignes, m’a bien déçu dernièrement.
par Thérèse le 1/02/2010 à 16:28. #
C’est juste un de mes films fétiches.
par Morena le 12/02/2010 à 19:29. #