Articles marqués avec ‘portrait’

le nouveau petit prince

garconnetbali

Amed, Bali, août 2013
Le long des routes du monde, les sourires des enfants reviennent comme d’anciennes comptines, balaient les relents d’aigreur occidentale et rincent l’âme somnolente. Ils laissent dans le cœur un vif éclat d’espoir. C’est la vraie vie qui fait signe. Celle qui se vit sans peur et sans rouerie, celle qui se partage comme le ciel et que l’on regrette dès les yeux fermés. Les enfants du monde n’ont rien à regretter, puisqu’ils ne dorment pas.

portraits dans le coaltar (#4)

dame kitulgali

Kitulgali, août 2011
« C’est en vivant que nous nous découvrons, et en même temps que nous découvrons le monde extérieur, il nous façonne, mais nous pouvons aussi agir sur lui. Un équilibre doit être établi entre ces deux mondes, l’intérieur et l’extérieur, qui dans un dialogue constant, n’en forment qu’un et c’est ce monde qu’il nous faut communiquer. » (Henri Cartier-Bresson, Voir Est Un Tout)

portraits dans le coaltar (#1)

vieuxfumeur
Munduk, Bali, août 2013

Un visage pour inaugurer une série que j’avais imaginé publier plus tard, sous un autre titre, dans des occasions plus festives. L’actualité nous presse d’aller vers l’essentiel. Le seul moyen de combattre cette laideur qui rampe de tous côtés, c’est de montrer, sans relâche, à sa petite mesure, la sensualité du monde et la diversité des regards qui le remplissent.

le roi Mohammed

1er janvier 2014
Premier jour de cette année, d’une pureté étincelante. Mohammed nous a accueillis sur la terrasse de sa maison en pierres. Adossé aux pentes de l’Atlas, le village où il habite n’a pas de nom. Le facteur n’y vient jamais. Pas la peine d’essayer de lui envoyer les photos qu’il nous a laissé prendre, il faudra les lui remettre en mains propres. Mohammed est un Imazighen, un homme libre. Il vit sous un ciel immense, parmi des oiseaux qui portent les doux noms de rubiettes et d’ammomanes. Il n’a presque rien mais il offre tout. Quand il nous a vu arriver, il a sorti le thé à la menthe, le pain berbère du matin et de l’huile d’olive dans des coupelles en faïence. Nous nous sommes régalés sous l’oeil amusé de sa famille. Les habitants du village cultivent le blé, tant bien que mal, en tirant des ânes qui braient leur fatigue sur une terre caillouteuse. Cette saison, il n’a presque pas plu. Les pentes de l’Atlas sont sans neige et l’on craint une nouvelle sécheresse.
Tout en bas de la montagne, des gens en socquettes jouent au golf sur un gazon toujours très vert toute l’année.

rois de coeur

enfants

Bondowoso, Java, août 2013

« Roi d’un chant de blé, d’une rivière, d’une vigne : ainsi devra-t-il se rêver. Et libre. Maître de soi, bûcher perpétuel où brûle la bûche de la vérité. Et que l’amour l’enserre.

Il voudra monter jusqu’à voir le ciel apposer des formes claires sur le bronze de son rêve. Mais les ailes font défaut. Il se blessera dans son effort. Et fondra en larmes sur son front d’enfant.

Et il apprendra la vérité. Le chant mourra dans sa gorge, rouge de cette frayeur qui entend et qui voit, goûte et touche et hume.

Et il étrennera son coeur lacéré d’homme acculé, d’homme aux abois, d’exécuté à l’instant de sa révolte. »

(Tout ce que je sais de moi, José Hierro)

portraits de l’Indonésie (#2)

Cibodas, West Java, Indonésie, juillet 2013

A une centaine de kilomètres au sud de Jakarta, la petite ville de Cibodas s’adosse à un vieux volcan, le Gunung Gede, point apical de l’une des dernières réserves forestières de Java. C’est ici que nous avons établi notre premier camp de base pour découvrir les oiseaux endémiques de l’île, guidés par un formidable ornithologue, Indra Ferdinand. A près de 1300 mètres d’altitude, l’air y est plutôt frais le soir, comme le suggère le col fourré de ce sympathique passant croisé à la descente d’un bemo (petit taxi collectif). J’ai particulièrement aimé le contact avec les habitants de Java. Leur disponibilité, leur volonté de dialogue et, souvent, leur joie, ont failli me faire oublier que j’avais d’abord débarqué à Cibodas pour « cocher » des espèces d’oiseaux rares. Il en est ainsi : les plus beaux moments du voyage ont souvent été vécus en dehors des balises que nous avions fixées sur le papier. Dans les heures non comptées, sur les chemins imprévus, au gré des rencontres. « Le hasard vaut souvent mieux que le rendez-vous » : ce cher adage marocain devient, au fil de la vie et des itinéraires, ma grande boussole.

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