Articles marqués avec ‘inde’

le temps des amis

Pondichéry, Tamil Nadu, Inde, août 2008
C’est une camaraderie qui ne cuit pas à moitié, l’amitié. Et l’ami de pain, c’est le commis de la bonne pâte : se marrer de tout, se narrer des riens. A feu très doux : un copain, c’est celui qui vous sort du pétrin sans michetonner.

l’aventure intérieure

Fort Cochin, Kerala, Inde, août 2008
« Eprouver en pensant ce qui cherche à se dire avant même de connaître, c’est sans doute cela, le mouvement d’écrire. D’une part écrire avec ce mot qui se tient à jamais sur le bout de la langue, de l’autre avec l’ensemble du langage qui fuit sous les doigts. Ce qu’on appelle brûler, à l’aube de découvrir. (…) » (Pascal Quignard, Les Ombres Errantes)

ombres indiennes (1)

lampadaire
plage de Fort Cochin, Kerala, août 2008
Le matériau ramené d’Inde semble inépuisable. Une galerie de personnages à la découpe, recueillis dans un songe, oubliés dans l’effort, souffrant peut-être (de figurer au second plan, d’être prisonnier de la mer, de vivre une arrière-saison sans fin). J’ai rapetissé les images pour coller à l’ambiance vaguement rétro. L’agrandissement est toujours possible en cliquant sur elles.

comptoir de la mélancolie (I)

monsieur
 Pondichéry, Tamil Nadu, juillet 2008
Dans la lumière tremblante de notre urbanité stressée, se souvenir de tous ces gens lentement massés sur les contours du golfe du Bengale, en quête de quelque chose, oui, mais quoi, le regard un peu lointain, les traits figés, comme des prisonniers face à un ultime et insurmontable rempart. J’avais oublié, à l’époque d’Avant La Lettre, de vous proposer cette série d’images. Un peu vaines, un peu languides, mais assez fidèles, finalement, à l’ambiance du bord de mer de Pondichéry.

aux bains

bains
Kanchipuram, Tamil Nadu, juillet 2008
Il y a eu cette photo de Jean-Philippe Charbonnier, quand j’ai commencé à m’intéresser à l’image. Et mon propre sentiment de l’eau, des sensuels suintements aux ablutions sportives. Les relations qu’entretiennent les hommes avec l’élément liquide reflètent leur relation à eux-mêmes. Et puis l’image est rassurante : quelqu’un qui se baigne est lavé de tout soupçon de méchanceté. [Pour comparer : remember? Et tout récemment.]

ce que mes mains veulent t’offrir

mains
Madurai, Tamil Nadu, juillet 2008
Des nuits coupantes d’obsidienne, des jours à peine dégagés de leur gangue fossile, et tous les alliages aventureux à la source du silence et de l’oubli du monde. Pense à moi quand tu ramasseras une pierre étrange au bout de ton jardin. C’est peut-être le butin qu’une pie me vola.

l’heure du thé

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Montée vers Munnar, Kerala, août 2008
Nos latitudes ont posé la théière de cinq heures sur la table pour rapprocher les paroles. Là-bas, le breuvage se partage sans un mot. Il y a en Inde un rite muet autour du thé. Gravité silencieuse au moment de remplir le verre, c’est à peine si l’on échange un regard quand on le sirote. Verre à la main, on préfère se concentrer sur la pluie de mousson qui s’acharne sur le feuillage ou, dans la ville, suivre le spectacle désordonné des voitures et des rickshaws. Le thé plonge les visages dans une apparente insensibilité. Il perche les regards au loin, décuplant le sentiment de désoeuvrement, et donne, semble-t-il, à se recueillir sur le temps qui fuit de toutes parts.

l’incertitude

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Backwaters, Kerala, août 2008
La vie me perd entre la beauté brutale de la Nature et le mouvement ordonné des villes, entre la solitude terrestre originale et la modernité sans printemps. Un chemin vers la source, l’autre vers le temple, voilà que j’hésite entre la parole et le silence, entre un bout du monde et le bout du monde.

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