nos vérités, nos prisons
16/12/2009
J’ai peu à dire, en tous cas peu à la fois. Ce n’est pas tant de ne pas savoir que de remarquer peu à peu qu’on ne sait pas assez. L’âge n’arrange rien à ma prudence. Peu de connaissances définitives dans mon sillage, sinon celles forgées par une quarantaine d’années d’expériences et de constats répétés depuis ma minuscule fenêtre sur le monde. Je sais juste que les hirondelles et les hannetons disparaissent, que Thierry Henry a un bon réflexe de la main, que le bonheur collectif est une chimère, que mourir est une béance pour celui qui reste. Et encore, je me laisse des marges : pour le bonheur et la mort, je reste prêt à apprendre le contraire.
Savoir par procuration n’est pas savoir. C’est juste croire, au mieux. Que faut-il croire? Que peut-on croire sans risquer de se tromper et sans tromper l’autre? Avant d’agiter nos croyances comme des certitudes indépassables, je voudrais seulement qu’on nous mette en état de mieux connaître, et, corollaire, qu’on nous offre, car oui c’est un don, le goût d’apprendre. A l’école et après. La surabondance apparente de l’information ne nous aide guère à affûter nos connaissances du monde. Or, la liberté de tous est à la mesure de nos connaissances. Vertige soudain. En laissant se mélanger opinions, représentations, observations, faits et discours, qui voudrait donc nous empêcher d’être libre?
[J'ai une réponse provisoire et lapidaire : nous-mêmes, par angoisse du vide]


7 commentaires
Qui pourra me définir ce qu’est la liberté? et dans quel contexte?
Alors une fois que j’aurais pigé « liberté» alors oui peut-être j’essaierai d’être libre ailleurs que dans mon esprit!
Et alors viens la soif la grande soif qui permettra d’avancer vers la liberté!
par christian le 16/12/2009 à 21:12. #
Christian, ton questionnement prouve déjà les mouvements de ta conscience et donc un peu de ta liberté. Un peu seulement, parce qu’une conscience parfaitement mobile n’entraîne pas nécessairement la mobilité de tes actes.
Rousseau a dit que « L’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté.» Et Spinoza un peu pareil : « Se libérer, c’est se transformer en esclave volontaire» . Mais est-on réellement libre de choisir ces lois qu’on s’impose?
par Richard le 16/12/2009 à 22:47. #
j’ai beaucoup souffert de ce manque de liberté, liberté de déplacement… sait pas pourquoi?
par christian le 17/12/2009 à 21:52. #
Je dirais que la vrai prison est ce « je» que je m’impose, et qui m’alourdit. Me libérer de moi pour être réceptif à la beauté du monde, ne plus m’importer.
par Moukmouk le 18/12/2009 à 03:34. #
merci pour ce billet Richard, j’avais oublié à quel point j’étais libre
par cecile le 18/12/2009 à 10:06. #
Fort juste tout ça, à mon simple avis. Billet à relire, à tête reposée.
J’ai néanmoins envie de rajouter, à ta réponse « provisoire et lapidaire» : « … par peur d’être isolé ou d’être celui qui précède» .
par Chaperon Rouge le 18/12/2009 à 19:36. #
» qui voudrait donc nous empêcher d’être libre?»
Nous. Même.
par karine le 29/12/2009 à 01:02. #