promenade au temps des champignons

Au pied des pentes peu après huit heures ce matin, j’ai laissé les chasseurs dans la gorge au fond faire claquer leurs fusils. Grisé par l’ambiance et la solitude, j’ai suivi le filon d’or des girolles jusqu’à près de 1800 mètres. Une altitude remarquable pour l’époque : ces champignons désertent habituellement ces forêts bien plus tôt. Vers dix heures trente, mon panier était déjà presque plein. Et je n’étais pas au bout de mes surprises…

Un tétras-lyre s’envola lourdement du haut d’un sapin. Je n’aime pas déranger ces oiseaux fragiles. Peu après, au beau milieu d’une clairière de lichens et de mousse, je surpris un faucon pèlerin fonçant sur un groupe de passereaux qui passait d’arbre en arbre. Brusquement le rapace changea de trajectoire. Il m’avait vu. J’ai craint d’être alors de trop dans ce décor sauvage et me suis faufilé sous les arbres pour entamer la redescente.

Je laissai derrière moi quelques familles de pieds-de-mouton pour d’autres cueilleurs. Bien m’en prit puisqu’à mi-pente, c’est un cortège de cèpes dans son nid d’herbes qui attendait de garnir le sommet du panier. 1540 à l’altimètre : encore un record pour cette date.

Midi sonna bientôt à la cloche du village d’en bas. Le monde des humains me ramenait à lui, alors qu’une frêle averse, trop fine pour la saison, humectait le feuillage doré.

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