chères jachères

Tablas de Daimiel, Espagne, décembre 2007
Une herbe roide, élimée par le givre, des ombres qui cherchent encore leur place. Ni le chêne qui touche terre ni le froid chuchotement du vent ne laisse présager des chorales d’oiseaux. Demain ici sera un théâtre foisonnant où l’on jouera les parades d’alouettes, les rites du lièvre, la noce des papillons. Ton visage s’inclinera sur mon épaule. Le soleil, par sa force de persuasion, finira par tout reprendre et projeter. Pour l’heure, cette prairie n’est qu’un vague empire écrasé de sommeil. Piètre vivant mais plein de rêveries (l’hiver ne m’a pas arraché le goût d’y céder), je guette. Posté comme un chasseur à l’orée du monde, je guette mon propre réveil. Des souvenirs dans la besace, le fusil ouvert, crosse en avant. Une question me passe comme un nuage d’étourneaux : est-ce que tout redeviendra vraiment comme avant?

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Commentaires (3)

  • b4rny

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    Pas véritablement comme avant. Mais tout de même.

    Curieux comme ton texte associé à l’image m’ont rappelé quelques vers de du binôme P Djian – S Eicher « Tu ne me dois rien »:
    On ne refait pas sa vie
    on continue seulement
    on dort moins bien la nuit
    on écoute patiemment
    de la maison les bruits
    du dehors l´effondrement.

    Avec plus d’espoirs et d’optimiste pour ta note tout de même.

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  • Aud

    |

    Rien ne peut être comme avant, tout change mais qui sait, ça ne sera peut etre que mieux. Je me mets de l’avis de b4rny : Restons optimiste.
    Le printemps fera réapparaitre de jolies fleurs…

    Sur ce, Bonne année quand même !

    Reply

  • Therese

    |

    Si tu penses que la nostalgie est creatrice alors abandonne-toi pour mieux survivre…

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