tourne-feuillet

6/06/2010

graines

Tremble-brize (Briza media), Trièves, juin 2010

La trace de ce que l’on éprouve à chaque instant de nos vies semble précieusement gardée par les plantes. Ecumant les lisières, foulant les prairies, on s’aperçoit que chaque fleur contient nos voyages intérieurs, nos erreurs, nos moments d’abandon, nos joies profondes. Les corolles retiennent nos intimes poèmes comme des insectes ivres de pollen.

La Nature est un journal aux longues lignes que des mains parcheminées ont à glisser dans le cartable des élèves buissonniers.

Juin sonne l’heure de l’éclosion, de la profusion, de l’essaimage. Quelques cueillettes attentives du regard pour rassurer ou rectifier le geste au jardin, bouturer le bonheur, élaguer les chagrins. Contempler sans arracher. Plus tard, bien plus tard, sous les dernières feuilles amassées, on s’autorisera à mâchonner un brin de pénombre ou un pétale de plaisir en souvenir des temps de vigueur. Ce sera l’époque du recueillement.

(merci à Jibé pour ses précieuses connaissances botaniques sur le perron de l’Obiou)

11 commentaires

Une photo de Brize originale et réussie, j’applaudis !

par David le 6/06/2010 à 20:06. #

Merci David. Quel joli nom, Tremble-Brize, n’est-ce pas?
Et vraiment pas évident à shooter vu la taille et la structure de la plante. Pour info technique, j’ai monté le 100mm macro sur la bague-allonge 20 mm… et j’ai retenu mon souffle pendant quelques secondes !

par Richard le 6/06/2010 à 23:14. #

Et puis il y a la p’tite bête qui monte, qui monte.
Déjà à mi-chemin. Courage !

par Chaperon Rouge le 6/06/2010 à 23:52. #

Des feuillets dans la gousse, qui poussent, explosent et s’enchaînent, sous les pas de la p’tite bête entêtée, c’est exactement ça. Suffit de ne pas trembler, hop, hop ;-)

par élodie le 7/06/2010 à 11:11. #

Vous voyez des p’tites bêtes, vous? Je ne vois qu’une image strictement végétale. Le micro-schmürtz à mi-hampe est un toupet de fibres, hé !

Elodie, je tremble toujours d’émotion devant de tels spectacles d’intimité confinée. Si si.

par Richard le 7/06/2010 à 14:01. #

« Les plantes voyagent. Les herbes surtout. Elles se déplacent en silence à la façon des vents. On ne peut rien contre le vent. En moissonnant les nuages, on serait surpris de récolter d’impondérables semences mêlées de loess, poussières fertiles. Dans le ciel déjà se dessinent d’imprévisibles paysages. Le hasard organise les détails, utilise tous les vecteurs possibles pour la distribution des espèces (…).» 
Introduction de Gilles Clément dans Éloge des vagabondes.

par Karine le 7/06/2010 à 18:41. #

Avec un tel chapelet, me recueillir je le ferais bien volontiers !

par Maryvonne le 7/06/2010 à 19:01. #

Une belle délicatesse que ce minuscule insecte posé sur cette belle graminée, si j’y vois bien.

par Anne le 7/06/2010 à 22:25. #

Un mauvais clic et le commentaire est apparu sur le « poste»  précédent.

par Thérèse le 8/06/2010 à 16:50. #

Bon, je dois avoir des « hallus»  (ça me rassure, j’suis pas la seule…). Me semblait bien voir aussi un p’tit corps avec des antennes sur la schmürtz-grappouille du milieu. J’insiste pas, hein :)

par Chaperon Rouge le 8/06/2010 à 19:07. #

vos mots écrits sont très beaux.

par Annick le 14/06/2010 à 23:09. #