répandre

paquerettes

Muntanya Gran, L’Estartit, Catalunya, février 2010

Pour capter le rire de ces fleurs, je me suis couché de tout mon long contre la terre. Je l’ai sentie bouger sous moi : chaleur accueillante, rondeur remuante de galets et pleine d’odeurs. Chaque frisson provoqué par mes mouvements s’amplifiait avec la caresse du vent. Ivre de douceur, j’ai prolongé ce contact bien au-delà du temps nécessaire à la prise de vue. Cette sensation m’a rappelé l’idée de Spéranza, la terre fécondée par le Robinson de Michel Tournier, dans Vendredi ou Les Limbes du Pacifique. Une première étreinte, panthéiste, qui doit en appeler d’autres : « Apporte à ta chair un peu plus de couleur et d’ardeur », écrivait André Gide à Nathanaël, dans les Nourritures Terrestres. Tant de cordiales corolles ont des corollaires. Boire de sa propre soif le lait miellé que le matin nous verse.  Accomplir chaque jour les actes de notre vie comme un enlacement inlassable. Accepter le destin dans sa sensualité la plus offerte. Féconder doucement l’avenir avant qu’il ne file trop vite. Et dans le reflet de ses yeux, s’étonner davantage de vivre.
Les leçons du printemps à naître ?

15 commentaires sur “répandre”

  1. élodie dit :

    « Faut savoir s’étendre sans se répandre, c’est délicat» … Et voilà, j’ai cette chanson dans la tête :)

  2. wictoria dit :

    (j’arrive via Fuli/Elizabeth)
    Bonjour, j’ai beaucoup aimé le film « Vendredi ou la vie sauvage»  avec Michael York, j’ai même le 45 tours de la BO !

  3. Richard dit :

    Eh bien le fan de Gainsbourg que je suis n’y avait même pas pensé, merci Elo, dis !

    Bonjour Wictoria, merci à Fuli alors, et bienvenue à toi. Je n’ai pas vu le film, je ne savais même pas que le bouquin avait été porté à l’écran, j’en apprends tous les jours :-)
    (c’est quoi un 45 T, fait celui qui veut oublier son âge…)

  4. Thérèse dit :

    Je repars avec une leçon à mettre en pratique.

  5. Richard dit :

    Thérèse, il suffit juste de trouver les fleurs près de chez toi, pas trop épineuses pour te laisser rouler dedans(est-ce le printemps à Phoenix?)

  6. christian dit :

    Je roule sur une fleur tout les jours, même fanée sa soie est porteuse de joie.

  7. [...] coule à flots dans les rivières, les fleurs sortent leur tête (ici aussi, passez voir chez Richard, cela donne envie) pour tapisser le sol. Les saumons ont vaguement grossi, les truites les [...]

  8. Saveur(s) dit :

    Heu Richard c’est bizarre la forme du rétrolien de mon blog sur ton blog… C’est normal ?

  9. Richard dit :

    Saveur, je ne sais pas si c’est bizarre, ça ressemble juste à ce que j’ai déjà vu ici. Que voudrais-tu voir apparaître? Ton texte en intégralité? Je peux en faire un copié-collé, fais-moi signe.

    Christian, le printemps au seuil de l’automne, ça s’appelle l’été indien… Et elle ressemble à une aquarelle de Marie Laurencin? :-)

  10. géronimo dit :

    Comme le bonheur est simple quand tu nous en parles…Ce texte m’a fait penser à je ne sais plus qui nous disait…» SOYEZ L’AMI DU TEMPS PRESENT,LE FUTUR ET LE PASSé VOUS SERONT OFFETS PAR SURCROÏT…» 

  11. christian dit :

    Richard: et moi je ne louche pas, mais j’aime les petits pains au chocolat!

  12. Lôlà dit :

    Qu’elle est belle cette photo ! Si touchante…
    Merci !

  13. Missnath dit :

    Arrivée ici par hasard, je ne regrette en rien de m’être égarée…
    Le vent de poésie qui souffle sur ce champ de fleurs est des plus agréable.
    Je reviendrai sans aucun doute boire à la fontaine de vos mots.

  14. Annick dit :

    qu est ce qu elle est jolie cette photo!
    qu est ce qu il ets joli ce texte!

    j aime beauocup!

  15. [...] Richard Gonzalez, Muntanya Gran, L’Estartit, Catalunya, février [...]

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