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quelques émotions de la semaine en attendant la suivante

quelques émotions de la semaine en attendant la suivante

Le Vilain est un film au relief modeste qui emporte l’adhésion grâce à quelques épisodes particulièrement déjantés et emballés dans la musique délicieuse de Ray Conniff et des Trashmen. Merci Albert Dupontel, pour les poilades, et surtout pour cette scène du faux grabataire miraculé qui m’a plié en douze sur mon siège. J’attends maintenant de vous un film trash et radical porté de bout en bout par votre folie larvée, et qui refuserait la moindre concession au grand public. Un Bernie junkie, sans Catherine Frot, ce serait le rêve.

Vincent Delerm à Grenoble, jeudi soir, au Grand Théâtre de la MC2, quoi qu’on pense des capacités vocales du garçon (on se gausse bien de ce qu’on veut, mais c’est souvent parce qu’on est incapable de cerner le propos d’un artiste), c’était superbe. Un décor de vieux cinéma, où se pressent les fantômes de Tati, Truffaut, Woody Allen et autres Lelouch, et qui permet à Delerm d’égréner ses vignettes scénaristiques en forme de chansons aux mélodies ciselées et aussi d’interpréter quelques drolatiques saynètes. Coup de chance, j’ai pu lui tenir la causette cinq minutes après le concert, nous avons évoqué Jean Rochefort, le chant du pouillot fitis et nous sommes restés dans une interrogation partagée : qui a dit « Le cinéma c’est la vie »?

L’écrivain et scénariste François Bon a consacré une note à ma trajectoire bloguesque sur son tellement indispensable site, le Tiers-Livre. C’est très touchant, de se savoir lu à la fois par des pseudos sans visage et en même temps par des gens dont on est particulièrement admiratif. On n’imagine jamais qui on peut atteindre quand on poste ses petites notes. La magie du réseau sensible, ténue et donc d’autant plus précieuse.