les disques de ma vie : Songs In The Key Of Life – Stevie Wonder

10/05/2010

swonderVous avez passé la nuit avec elle dans un appartement qui semblait flotter au-dessus de la grande ville. C’est le matin, vous êtes descendu chercher les croissants dans la rue baignée de soleil. Le monde luit d’un éclat neuf autour de vous, tout est beau, doré, presque estival, la crise n’a jamais existé pour personne. Elle vous attendait impatiemment avec ce CD dans le lecteur et vous avez continué à réinventer le monde avec en oubliant l’eau du thé sur le feu. Songs In The Key Of Life est un double album (21 titres) cosmique et terrestre, orange et lait, lourd et léger comme un matin d’amour après une nuit d’amour. Porté de bout en bout par des mélodies qui coulent leur source tel le miel infusant dans les larmes (Joy Inside My Tears). Souvent sensuelles et surtout au-delà, trempées de ce-je-ne-sais-quoi de mystique et d’odorant, fleur, prière et chair mélangés. Stevie Wonder a dû les écrire en pleine transfusion d’amour lui aussi, célébrant la vie telle qu’elle aurait pu devrait toujours battre: coeur ardent.

A quelques dizaines d’années de là, cet album était réduit à l’état d’une mini-cassette noire (une TDK ultra-chrome dont le boîtier s’ouvrait latéralement d’une pression sur un clapet rouge) qui tournait en boucle dans l’autoradio familial. A dix ou onze ans, on peut difficilement s’emparer dans ses moindres contours d’une musique aussi gigantesque, pop-soul béate et quasi religieuse sertie dans un son énorme par des musiciens d’exception (George Benson, Herbie Hancock, ces rondes et chaudes pointures). Pourtant, des fulgurances universelles comme Pastime Paradise, As ou Another Star m’offraient déjà quelques lueurs à suivre pour éclairer mes horizons plus tard. Je n’arrivais pas encore à comprendre pourquoi mon père répétait que sur Love is in need of love today, la miraculeuse mélopée qui impose cette arche de merveilles dès son orée, Stevie Wonder « pleure d’amour» . Qu’il soit pleinement rassuré aujourd’hui.

5 commentaires

Superbe album. Il faudra que j’en parle un de ces jours. Acheté peu de temps après sa sortie. L’album offrait un 45T avec 4 titres qu’ils ont balancé n’importe où sur l’édition CD qui est une vraie merde au niveau du son.

par KMS le 10/05/2010 à 09:07. #

KMS : Hâte de lire cet album sous ta plume. Dans la dernière édition CD remasterisée en 2009, le 45T quatre titres est placé à la fin et respecte ainsi la volonté d’origine. Mais le son, même amélioré, n’est toujours pas aussi chaud et profond que le pressage vinyl.

par Richard le 10/05/2010 à 09:21. #

J e ne sais plus qui a dit « on reconnait que c’est l’amour, quand on est malheureux et qu’on pleure…»  l’amour c’est donc quand on pleure…merci pour cette merveilleuse ode à l’amour…non mais… sans lui , que seraient nos vies…??? merci encore pour ce rappel nostalgique chargé…d’émotion amoureuse à en pleurer ..!!

par géronimo le 10/05/2010 à 13:37. #

La chronique de cet album m’a plongé dans l’oeuvre de Stevie Wonder ces derniers jours, qui collent à son soixantième printemps. J’en retire deux autres albums tout aussi indispensables : « Innervisions»  (1973) et « Fulfillingness’First Finale»  (1974).
Avant, « Music of my mind»  (1971) et « Talking Book»  (1972), c’est bien, souvent plus rugueux quoique pas aussi inspiré.
Après, il faut trier : pas réussi à entrer dans « The secret life of plants»  (1979), « Hotter than july»  (1980) est efficace à défaut d’être passionnant. Trop synthétiques, « In Square Circle»  (1985) vaut surtout pour la sublime « Overjoyed»  et « Characters (1987) manque de… caractère. Je ne connais pas les deux derniers, « Conversation peace»  (1995) et « Time to Love»  (2005).

par Richard le 13/05/2010 à 15:18. #

[...] chapitres des disques de ma vie : ici, là, là, là et là aussi. Publié le 4 mai 2011 Classé dans: musique Mots-clés: musique , rock [...]

par a part soi | A PART SOI le 4/05/2011 à 11:01. #