les disques de ma vie : Sladest – Slade
21/01/2010
Ca se passait généralement à la fin de l’hiver. Chaque année à la même époque, je faisais une grippe, une rhino, une rougeole. Ces jours où je restais au lit, c’était immanquable, mon père m’offrait un disque. Je guettais la charnière février-mars avec une ferveur non dissimulée pour compléter ma collection de Johnny. Sauf qu’un jour de 1973 ou 1974, ce sont ces quatre gugusses qui déboulèrent dans ma chambre. Vous imaginez la tête du gamin de six ans, qui défait fébrilement le paquet en pensant à son idole et qui découvre ça… « Il n’y avait plus de Johnny chez Chardon (l’un des deux disquaires du village, NDLR), tu vas écouter, c’est très rock, c’est très bien aussi» , fit mon père, avec l’assurance d’un médecin qui essaie de vendre sa potion. « Il n’y avait plus de Johnny» , comme on dit « Il n’y avait plus de pain à la boulangerie» . Allais-je pour autant combler mon appétit?
Mes oreilles s’en souviennent, mes yeux aussi. Je ne suis pas sûr d’avoir apprécié tout de suite ce wock-’n'woll là, mais j’ai été amusé de voir mon vieux géniteur de 25 ans se déchaîner comme un fou quand il jouait et rejouait Get Down And Get With It, le genre de hard-boogie qui crame les pâquerettes. L’énergie qu’il mettait à taper du pied en imitant la guitare me remit d’aplomb plus vite que les années précédentes. Et puis il y avait aussi Coz I luv you sur cette compile, une semi-douceur aux accents irlandais, avec son solo de violon électrique et son final choral. L’excipient doucereux pour faire passer la sauce glam-rock un tantinet rustre.
Slade a été ma première incursion, tout à fait fortuite, dans le rock boum-boum jiwiiiiz. Un accident plus heureux qu’il n’y paraît : ce groupe m’avait fait toucher du petit doigt le riff roboratif et puis aussi une certaine idée de l’excentricité anglaise, fut-elle en version pécore. Il m’aura pourtant fallu six ou sept ans encore pour revenir, de mon propre chef cette fois, à des choses aussi primaires, british et dézinguées. Hey, Johnny n’était pas encore mort.

13 commentaires
excellent, excellent comme toujours
j’attend la suite avec impatience !
rocky Richard
par catherine le 21/01/2010 à 13:42. #
Et le rouge, Slade Alive tu l’as? Il y avait tous ces singles aussi, Gudbye T jane, Mama weer all crazee now…
par KMS le 21/01/2010 à 13:49. #
Ah Catherine ! Rocky Richard ne le sera pas toujours, hélas pour lui… (la suite va parfois te décevoir un peu, je suis passé par des chemins très tortueux en zique)
KMS, ah non, je n’ai que celui-là, mais les singles que tu cites y figurent aussi. Tu me donnes une belle idée : si j’offrais ce live à mon père, presque trente ans après? Un tympan pété, pour un souvenir rendu
par Richard le 21/01/2010 à 13:53. #
Un tympan pété… voire les 2?
J’attends la suite des chemins tortueux avec impatience!
par JoL le 21/01/2010 à 21:51. #
Arf, JoL, rassure-toi, ce n’était qu’une image pour jouer avec « prêté, rendu» . Et joyeuses Pâques au fait ! Il paraît que l’hiver est doux par chez toi?
par Richard le 21/01/2010 à 21:53. #
Slade y a bien longtemps que j’avais pas écouté ça, musicalment le choc pour moi ce fut quand celui qui deviendrait mon beau frère, m’a fait écouter Ledzep, alors la vraiment.
par Didier le 22/01/2010 à 08:49. #
Pinaise, j’ai fait un bond en entendant le premier cri de « Get Down And Get With It» . Pas étonnant qu’il se déchaînait ton « papounet» , ça c’est du rock’n'roll ! Merci, je ne connaissais pas du tout du tout. Me reste plus qu’à découvrir tout l’album (dispo sur musicme.com).
Des influences musicales de mon père, je retiens surtout les Moody Blues, dont je ne me lasse absolument pas.
par Chaperon Rouge le 22/01/2010 à 19:28. #
Didier, Led Zep, évidemment, ça vous plombe une vie
Chaperon Rouge, t’as vu, ça décoiffe, hein? Pas mal, les Moody Blues, pas mal. Ont influencé plein de combos et pas des moindres (King Crimson notamment).
par Richard le 22/01/2010 à 19:56. #
Slade !!!
))
Je les avais oubliés, merci pour ce retour vers le futur !
Et son chanteur qui fait partie de la catégorie « mega voice» , dans la lignée Robert Plant, Roger Daltrey, etc…
Quand même autre chose que Johnny/Optic 2000 (mais c’est mon avis perso).
par LVN le 23/01/2010 à 09:56. #
Hé hé, LVN, je constate avec plaisir, d’après les commentaires ici et sur Facebook que tout le monde ou presque connaît Slade ! Ton avis est strictement partagé concernant le Johnny d’Optic2000, parodie de caricature qui n’a rien à voir avec le félin de la fin des années 60.
par Richard le 23/01/2010 à 10:13. #
Moi connais que Mike Brant!!!
par christian le 24/01/2010 à 21:06. #
SLADE est LE GROUPE QUI A FAIT BASCULER MA VIE !… Totalement subjugué par l’intro de « Take me bak’ome» … Je sortais de l’enfance (genre sheila et ringo) et cette manière d’entrer dans le rock plutôt dur avec ce sons chaud et gras à loisir (que tous le monde ne pouvait pas aisément digérer!)… m’a fait comprendre que l’univers de la création musicale ne faisait que commencer pour moi…. Et les années qui suivirent me l’on bien confirmé.
SLADEST est le tout premier disque vinyl que j’ai pu me payer au Noel 1973,…Un évènement ENORME ! dans ma vie. Je l’ai peut être écouté 10000 fois et le CD à été bienvenu!…et régulièrement j’y retourne !…. Ce disque est à conseiller en urgence à tous les jeunes qui débarquent dans le genre qui « crame les pâquerettes» (bien aimé)…… JL.
par Jean-Luc le 27/10/2010 à 16:25. #
[...] chapitres des disques de ma vie : ici, là, là, là et là [...]
par a part soi | A PART SOI le 4/05/2011 à 12:10. #