à part soi

Menu

à part soi

Menu
le balcon

le balcon

Je lis en ce moment le recueil de textes de Leonard Cohen, « Musique d’ailleurs ». J’aime ses évocations de New York, de Montréal, de Los Angeles. J’aime aussi ses vers suggestifs et détachés, ses portraits en clair-obscur de femmes qu’il a aimées ou simplement voulu étreindre. Et tandis que je découvrais sa galerie d’amantes l’autre soir, le souvenir de quelques-unes de mes très vieilles sensations a refait surface. La mémoire a ses mécaniques que la conscience manque d’expliquer. Elle a mis le curseur sur cette fille qui aimait surtout le faire, m’avait-on confié, sur son balcon au septième étage. Je nous revois alors devant la porte de la salle de TD, nous attendons le professeur de statistiques. Elle me dit en souriant quelque chose comme « je voudrais mieux te connaître » et alors je fais mine de ne pas comprendre. J’ai tout de suite pensé à son balcon.

Quelques jours après, nous étions plusieurs copains invités chez elle. Je repère immédiatement le balcon, tout en longueur, qui donne sur un petit parc. Il est en ciment gris, avec des barreaux en fer minces qui ne cachent rien. En face, il y a un autre immeuble. Ca fume et ça rit, les gens vont et viennent entre le salon et le balcon. Et moi je préfère rester à l’intérieur pour regarder les livres dans sa bibliothèque. Il y avait Kundera et des auteurs anglais ou américains qui ne me disaient rien.