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impressions du soleil couchant

Lisse et luisante, la campagne catalane ce soir-là se figeait dans un silence orangé.
Curieusement, la lumière semblait monter de l’eau des vieilles rizières. C’est comme si le marais avait bu le soleil et infusait encore un peu de son ivresse.

La tranquillité des oiseaux cherchant pitance, leur mécanique concentrée, fut à peine troublée par une brève accolade. C’était le vent dans son dernier souffle. Deux vanneaux gloussèrent mollement en décollant d’un coup d’ailes brusque au-dessus des salicornes et se reposèrent presque aussitôt. Un daim bondi soudain dans l’enclos des chevaux de trait avait à peine troublé les deux oiseaux. Le toupet blanchâtre de sa queue se faufila entre les tamaris. Un peu plus loin, un vieux pêcheur, devant quelle éternité marine, réparait encore ses filets entre les mailles de la mince lueur. Une grande aigrette signa la toile du ciel, un caquètement  agita les roseaux. Et ce fut tout.

Du soir, la nature sait créer d’envoûtantes alchimies, des alliances de cuivre, de bruissements d’ailes, des noces de silhouettes furtives et de parfums piquants. Des célébrations intimes et sensuelles entre le mystère et l’incertitude, vite cachées derrière le rideau pudique de la nuit d’hiver.

Le vieux pêcheur

Les buissons ardents de la fin du jour, dans la brève accolade du vent



		

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