le grand saut

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Choucador de Burchell (Lamprotornis australis), Kruger, juillet 2014
Vent, bruine, flocons là-haut. Nous y sommes. L’inclinaison de la Terre joue en notre défaveur.
Vers quels vertiges va nous plonger cette saison nouvelle? Quelles couleurs pareront nos rues d’automne, jusqu’où le ciel, le faible ciel, pourra-t-il encore les porter? J’avais oublié comment c’était novembre, cette impression des jours chiches hachés de pluie glacée. Je préfère garder vivant le souvenir de ces aubes africaines, courtes et chantantes. Ces matins prompts à laisser le jour mordre la savane à pleins rayons, comme si la nuit passée n’avait pas compté. Ces premiers mouvements d’oiseaux, offrandes d’un monde à son plein équilibre.

théâtre des célestins

bubulcus

Gardeboeufs ibis (Bubulcus ibis), Petulu, Bali, août 2013
Près d’Ubud, la capitale culturelle de Bali, un petit village anodin s’éprend chaque soir d’une incroyable fièvre emplumée. Une demi-heure avant le coucher du soleil, des milliers de hérons et d’aigrettes affluent des rizières autour pour s’installer dans les arbres qui bordent la rue principale. Nul ne sait pourquoi tant d’oiseaux ont élu domicile spécialement ici, alors qu’il reste encore de nombreux sites sur l’île autrement plus propices pour les accueillir. On songe forcément au célèbre film d’Hitchcock en assistant à l’arrivée tumultueuse des oiseaux qui tournoient juste au-dessus des passants, hésitent, s’abattent, se perchent, redécollent et reviennent dans une fureur de cris et de prises de becs, jusqu’à ce que la nuit les apaise tout à coup. C’est d’ailleurs peu après la sortie des Oiseaux sur les écrans que ce phénomène a pris naissance. Voici plus de cinquante ans que Petulu fait le spectacle tous les soirs et sans relâche, sa manière à lui d’agiter un peu de théâtre pour résister à l’hégémonie de sa grande sœur Ubud.

rossignol de mes amours







Rossignol philomèle (Luscinia megarhynchos), Aiguamolls de l’Emporda, Catalunya, juin 2012
On l’entend beaucoup plus qu’on ne le voit. Encore faut-il savoir reconnaître son chant, qui roule en cascades flûtées le long des nuits printanières et du début de l’été. Le Rossignol n’a pas le plumage de son talent vocal. Le costume marron qu’il endosse en tous temps le rend tout à fait banal, si ce n’est son gros oeil expressif et l’éclat roux de son croupion lorsqu’il s’échappe d’un buisson à l’autre. Le Rossignol n’est pas spécialement farouche, mais il aime garder ses distances : c’est un chanteur fameux au look discret, méfiant vis-à-vis du star-system.

le retour des oiseaux (1)

Hirondelles chalybées (Progne calibea) – Santa Ana de Misiones, Argentine, août 2006
Même si un hirondelle ne le fait pas blablabla… Je les guette entre les nuages d’après pluie, elles devraient s’installer d’un jour à l’autre dans le ciel de ma ville. Printemps qui me donne envie de fêter les oiseaux toute cette semaine à venir avec des images rapportées d’anciens voyages, certaines déjà publiées autrefois, d’autres inédites. Pas forcément de très bons clichés (ce n’est pas de la digiscopie et je ne maîtrisais pas grand’chose à l’époque), mais pour le symbole et aussi parce que plusieurs lecteurs m’en ont fait la demande. On s’élance?
(n’hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir)
Martinets à tête grise (Cypseloides senex), Puerto Iguazu, Argentine, août 2006

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