Archive pour janvier, 2012

halo sur le beau quai

Venise, quartier San Paolo, décembre 2011
Il n’y avait jamais d’effusion, à peine un soupir froissé. Pas de questions, juste un léger trouble, épousseté d’un mécanique haussement d’épaule. Et après? Le bruit des pas, vite dilué dans cet après-midi de juillet plein à craquer. Une immense cohue conquérante à regagner. Et maintenant la béance. Des soirs à la soupière, paupières de plus en plus rayées par le soc infatigable de l’hiver. Le coeur serré à chaque descente de la nuit et cette brume rapide qui tombe sur nos vies involontaires. On se souvient. Ce n’est pas loin. Comment ces impatiences d’été peuvent-elles cheminer encore en nous dans le frisson de janvier? Pourquoi ont-elles laissé si peu de force, si peu de foi?

la promesse d’une fin

Grenoble, juillet 2011
 

C’est toujours la fin de quelque chose, même si on ne le sait pas. A chaque instant tout près de soi, un espoir se brise, un enfant s’arrête de rêver, un amour fait plop. Les jours vont de fin en fin. La fin donne au monde son rythme affectif. Et au dedans de nous, c’est pareil : une trace blanche sur la mémoire, un souvenir qui ne reviendra pas, une cellule du cerveau qui ne sera plus remplacée. Chacun porte une fin en lui-même. La preuve, on aime les tableaux de ces ciels d’automne ruinés de pluie, on est fasciné devant ces grands bateaux chavirés, on pleure de joie après la dernière éraflure d’un violoncelle, quand la petite lumière s’éteint sur la scène. On s’étourdit à dire « c’est fini », d’un air toujours un peu affecté, parce qu’on chérit sans se l’avouer le spectacle du fil qui rompt au-dessus du vide. « C’est fini » : le vertige du rien comme une tension nourricière, un serment de lâcheté, une reddition aux ombres du temps. La fin prolonge l’aventure qui nous lie à l’indéfini.

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