Articles marqués avec ‘nouveau-mexique’

united colors

whitesands
White Sands, Nuevo-Mexico, juillet 2009
« Agir et aimer et souffrir c’est vivre, en effet, mais c’est vivre dans la mesure où l’on est transparent et accepte son destin, comme le reflet unique d’un arc-en-ciel de joies et de passions qui est le même pour tous. » (Albert Camus, La Mort Heureuse, magnifique roman que je découvre ces jours-ci).

le petit roux

colibri

Colibri roux/Rufous Hummingbird (Selasphorus rufus), El Malpais, Nouveau-Mexique, août 2009
Un oiseau ne vous décevra jamais. Par exemple, vous ne l’entendrez jamais vous pépier « je préfère qu’on soit amis » (vous vous souvenez des cruelles cours de récré au collège?). La seule chose qui pourrait arriver, c’est qu’il vous chie sur la tête. Mais, à moins qu’il soit secrètement nano-piloté depuis Pyongyang, il ne l’aura pas fait exprès (et puis le guano fertilise tout ce qu’il touche, ne vous plaignez pas). Tout ça pour dire qu’en ces temps bousculés (la crise financière, la crise économique, la crise sociale, la crise politique, la crise écologique, la crise du logement, la crise européenne, la crise culturelle, la crise de conscience, la crispation, la crise en t’aime, surtout), rien ne vaut un joli p’tit piaf, eh dites, pour tout oublier d’un trait de plume.

franchir

barriere
région de Shiprock, confins de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, août 2009
Dépasser « cette région d’affolement où le langage est à la fois trop et trop peu », selon les mots de Roland Barthes in Fragments du discours amoureux. Franchir la barrière qui sépare le silence encombrant de la phrase définitive. Et, toujours abasourdi par le vacarme existentiel de l’autre, ne plus savoir de quel côté on se perd.

l’invention du papier sensible

cabane
quelque part au milieu du Nouveau-Mexique, août 2009
Il y a des jours sans gloire qui patinent dans un demi-deuil et figent l’absence, l’omission et la lacune dans un long poème désincarné. Des jours à peine éclos, qui tardent à rallumer les espérances et se complaisent dans le renoncement à tout éclat. Ces jours-là exaltent aussi des souvenirs d’étrange mollesse. Dans le ciel passent des barques malaises. Mes mains caressent les rochers d’Alice Springs polis d’éternité. Ces jours-là, je longe les longues routes défoncées du Nouveau-Mexique. A toute allure ou au pas, nulle différence : le paysage reste le même, dégorgeant ses mers de solitude sur les grèves de rien. Il ferait un peu plus froid, on entendrait les pierres se fendre. Et jusqu’au soir suivant, je marche sur la rampe de la nuit, les pensées lestées d’aube et d’eau pour me tenir en équilibre. C’est un temps hors du temps, une épreuve à la typographie désordonnée, c’est le cliché flou d’une contrée ignorée du monde, où chaque virgule, chaque reflet tourne en rond dans son sillon de vinyl. Une voix qui grésille son gravier banal et vient à notre perte : « Tu me manques ».

chant du premier matin

oliver lee national park
En descendant vers El Paso, Nouveau-Mexique, juillet 2009
J’ai vu le désert du Nouveau-Mexique faire table rase et épouser les reflets du soir. J’ai vu les aloès griffer le ciel dans la sérénade obstinée des grillons. J’ai vu le vent brûlant soulever des paquets de plantes et d’épines le long de routes désolées qui ne menaient nulle part. Et maintenant c’est un amour immense qui étincelle dans le matin d’hiver. Je suis derrière ma fenêtre, le nez contre la vitre embuée. Rien du spectacle de ce froid janvier ne peut m’affecter. Des broderies de givre font un air de fête aux arbres. Les voitures se pressent lentement dans les rues comme des longs couloirs vers les noces du jour promis. Je ne retiens que la clarté nouvelle et le mouvement doux de tout ceci. Thé brûlant, coeur triomphal. Et si soudain je renaissais pour le bonheur? Et si la vie était pour nous?

partir avec la caisse

shiprock
vers Shiprock, Nouveau-Mexique, août 2009
Fuir sèchement. Prendre l’attachante tangente. Chercher la parabole dans les périboles. S’égarer dans le réalgar. Tarauder la tarasque. Epouser la poussière. Innerver l’inertie. Partir sans demander son rêve.
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