Articles marqués avec ‘femme’

safranée quelque part

Kandy, Sri Lanka, août 2011
Parfois une rencontre inopinée, inattendue, une rencontre quoi, qui vous entraîne soudain au fond d’un regard. La rue grouillante s’arrête, n’est plus qu’un espace intermédiaire. Conversation impossible : gestes idiots, mots qui ne se comprennent pas, mais l’envie de, impatiente. Dix, quatorze secondes passent et toute la journée dedans, le monde est un, nous aimons, nous avons aimé tous pareil, nous essaierons encore (réflexion soudaine : c’est peut-être ce qu’on recherche en voyage, l’histoire avant l’histoire, le communisme primitif), et fuck les ethnographes. Elle est fière des couleurs qu’elle porte, elle a de quoi, mais c’est son visage familier, familial, qui attire mon objectif. La photo, en toute hâte, pour immortaliser. Et ce verbe qui ne croit pas si bien dire.

cleans round the bends

Kandy, Sri Lanka, août 2011

Une rupture avec le consumérisme nous sauvera-t-elle du désespoir et de la laideur? Subsiste-t-il encore un désir de changer de modèle? Et d’ailleurs, a-t-on jamais osé formuler clairement une solution alternative:  battre la campagne en martelant qu’il faut redonner du pouvoir d’achat, n’est-ce pas renforcer implicitement la logique d’une satisfaction pulsionnelle?

la transition

Kithulgala, Sri Lanka, août 2011

Ces jours ont un goût différent et l’odeur qui me monte des souvenirs de cet été n’est déjà plus la même. La pluie serrée qui tombe depuis deux jours sur les Alpes va, je le redoute, blanchir les sommets. Une trahison du ciel, un premier symptôme de l’amnésie de l’automne, cette saison qui transforme tout ce qu’elle touche en choses molles et malades. La pluie s’acharne à découdre les images et les sensations que j’avais tressées au fil des joies et des découvertes. On croit toujours réussir à rapprocher les latitudes en rentrant de voyage, avec la certitude intransigeante que le monde brille d’un même éclat sous le même soleil. Cette illusion dure ce que dure l’été, avant le basculement climatique et le carrousel infernal des semaines et des mois encroués au labeur. A chaque fois que je rouvre le carnet de notes prises là-bas ou les photos, je mesure un peu plus la distance qui me sépare de tous ces pays. Autant de mondes que je n’aurai finalement que frôlés, dans un accoutrement d’observateur amical que vu d’ici, je trouve à présent dérisoire. Spectateur engagé peut-être, mais alors provisoire, violemment ramené à la culture du fauteuil.

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