Articles marqués avec ‘arizona’

l’orage est passé

le camion
entre Window Rock et Chelly, Arizona, août 2009
L’orage est passé. J’ai repris la route, comme on reprend du café. Assoiffé d’asphalte, de goudron fumant. Entre deux nids-de-poule, je roule ma bosse sans trop me mouiller. Quelques dizaines de bornes à avaler, tout aura séché. Je laisse aux autres l’envie de se faire tremper.

franchir

barriere
région de Shiprock, confins de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, août 2009
Dépasser « cette région d’affolement où le langage est à la fois trop et trop peu », selon les mots de Roland Barthes in Fragments du discours amoureux. Franchir la barrière qui sépare le silence encombrant de la phrase définitive. Et, toujours abasourdi par le vacarme existentiel de l’autre, ne plus savoir de quel côté on se perd.

l’ennui américain (#3)

l'enfant
Patagonia, Arizona, juillet 2009
Une petite ville assommée de soleil, à quelques kilomètres du Mexique. Les habitants, presque invisibles, ont évité la désolation en repeignant les maisons de couleurs vives mais le coeur n’est pas tout à fait au partage. Au drugstore, un touriste curieux fait l’attraction devant un bocal de tripes séchées : « Vous voulez goûtez ça, vous êtes sûr? », s’étonne la jeune caissière piercée de partout. « C’est très local. Je ne vous dirai pas comment c’est fait, vous n’auriez plus faim pendant une semaine. » Les frontières ne sont jamais des lieux de joie : on y passe plus vite que le vent,  même les ombres ne s’y attardent pas. Comment peut-on survivre ici sans rêver d’ailleurs? En grimpant sur la colline peut-être. De là haut, vers l’horizon, l’infini mur gris qui sépare les deux pays suggère qu’on est peut-être encore du bon côté.

l’ennui américain (#1)

cowboy
Tombstone, Arizona, juillet 2009
L’ennui à trois heures vingt de l’après-midi. Lumière implacable, qui s’abat sans nuance. Chaleur écrasante, poussiéreuse jusqu’au fond de la gorge. Rien n’arrive, ni d’en haut ni de loin ni d’ailleurs. L’attente de rien est la seule chose qui vaille de vivre encore un peu.

les secrets de la mer rouge

gran canyon

Grand Canyon, North Rim, Arizona, août 2009

Nul chant des oiseaux. Juste la rumeur immense de la houle pétrifiée, éraflée par le vent mourant. Pourpre et ambre se confondent, annonçant les noces de l’or et du sang. Ton coeur s’accroche au fond comme une vieille ancre rouillée. Nous avons toujours été là, au bord des abysses, à contempler le temps.

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