Articles marqués avec ‘vache’

je suis ce que je mange

Aiguamolls de l’Emporda, Espagne, mars 2013
Mais de là, par assimilation, à devenir bête à manger du foin… « Le sanguin est la raison d’être du bifteck. De même que le vin devient pour bon nombre d’intellectuels une substance médiumnique qui les conduit vers la force originelle de la nature, de même le bifteck est pour eux l’aliment de rachat, grâce auquel ils prosaïsent leur cérébralité et conjurent par le sang et la pulpe molle la sécheresse stérile dont on les accuse sans cesse. La vogue du steak tartare, par exemple, est une opération d’exorcisme contre l’association romantique de la sensibilité et de la maladivité…  » (Roland Barthes, Mythologies)

passé comme une ambre

Anuradhapura, Sri Lanka, août 2011

Rentrer les bêtes avant la nuit, avant les peurs. S’attacher aux reflets, aux détails, aux précautions, aux timidités, aux hésitations. Aimer les complicités silencieuses, les pays à leurs frontières, un bouton défait, les voyages longtemps rêvés, la route à refaire, les nostalgies éclatantes, les frêles bateaux blancs, l’odeur poivrée des algues et les incertitudes sous la pluie. Deux heures ou trois dans la lenteur du soir, volées à la pulsation métronomique des semaines toutes pareilles. Entre chien et loup, je choisis ton cri. Il n’est d’autres instants plus précieux que ceux délivrés d’une ultime conviction, quand l’ombre m’efface comme une aile d’oiseau à tes lisières.

l’imprudence

Ratnapura, Sri Lanka, juillet 2011
« Par la meurtrière Guette l’ennemi Guette l’amant Après la colline J’y suis Par la meurtrière Guette l’horizon Guette la vie (…) » (La Ficelle, Alain Bashung, album l’Imprudence)

l’amour vache

Parc naturel régional de Chartreuse, Isère, le 9 avril 2011
On ne se quitte pas toujours parce qu’on a fini d’aimer. On abandonne à un moment donné, dans la grande rumeur des passages d’oiseaux, parce qu’on s’est aperçu que l’amour n’est plus dans la vie, il n’est plus la vie même. Il est trop grand pour elle et si on essaie de le faire rentrer dedans, il se déforme, s’abîme et fane. Un amour qu’on a vécu aussi vaste, jubilation de miel, de larmes et de premières tiges toujours à poindre, c’est un rêve éveillé, et le rêve ne peut pas remplir la vie, cette petite génisse ingrate qui cabriole et n’en fait qu’à sa tête.
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