Articles marqués avec ‘littoral’

on allait au bord de la mer

L’Estartit, Catalunya, octobre 2010
(Je suis un peu comme ces touristes belges en ce moment, hors cadre; ou plutôt un peu trop dedans, et j’échoue à trouver le temps de patauger sur les rivages du blog. Mais je reviens bientôt. Merci).

balcon sur le récif

South Mission Beach, Queensland, Australie, août 2007
Fenêtre ouverte sur la mer. Pluie un peu. Absence passagère à l’orée d’un jour blanc comme la lune. Ton corps encore nocturne. Déjà différent. Tu te tournes de mon côté, sans trop savoir s’il faut sourire ou se fermer. Minuscule animal froissé. Je pense à tout ce temps affalé sur ton ventre. Mon souvenir se fige entre deux vagues. Impossible d’y laisser sa trace. Image de quelques secondes, furtive avant la fuite. C’est comme si le monde se retirait.

sur la page abandonné

coquillage
L’Estartit, Catalunya, février 2011
 

INFORMATIQUE : rejeté par le serveur car le relais n’est pas autorisé.

Par extension : rejeté par la serveuse.

                                                               ex-cargo échoué aux sables d’alone.

     « Echouer même est enviable, pour avoir tenté. » (Georges Clémenceau, Au fil des jours) rejet et contre-rejet pour renforcer l’effet stylistique.          Phénomène de rejet : refus de tolérance, d’acceptation, d’intégration ou d’assimilation d’un corps, d’un tissu ou d’un organe, qui se traduit par des réactions biologiques plus ou moins intenses. Exemple : « je suis au regret de te rejeter » . Sous-entendu : « Ca me démangeait de te le dire » . Récurrence du rejet : Nicolas Sarkozy perd quatre points dans le baromètre de février.
                              L’écriture décalée a échoué.
                                                                                                         Non-prise en compte d’une information reçue par un serveur (ne doit pas être assimilé à du caviardage).                                                                   stranded

pompéi-des-mirages

friche
L’Estartit, Catalunya, février 2011
Ils avaient imaginé dresser ici une énième cité balnéaire et déjà les voies pavées s’élançaient à travers les marais, sans souci d’impact sur l’écosystème. La folie du béton a été stoppée net, juste à temps pour laisser pousser les tamaris et parader les échassiers. L’Espagne s’épuise en une densité impressionnante de chantiers jamais terminés, verrues surréalistes dans des paysages que les autochtones eux-mêmes manquent de considérer. La crise qui s’est abattue sur l’Espagne a révisé à la baisse les ardeurs les plus pharaoniques. Elle laisse derrière elle les vestiges pourris de son propre berceau autant qu’elle nourrit le désespoir des propriétaires terriens, prêts à tout pour céder leurs nobles terres à une spéculation immobilière désormais rampante.

vag(in)ale

sable
L’Estartit, Catalunya, octobre 2010
« Ce petit lieu que tu as, mon bel ange, entre les jambes, ce lieu si intime et chéri, est un lieu commun. Tant il est cité et visité. Enfin, peu m’importe: je l’aime de toute façon. Mais une chose m’intrigue. Comment une terre si étroite peut-elle être partagée entre une foule si nombreuse? Quels statuts réglementent un tel prodige? » (Prosema o menos, Angel Gonzalez)

j’absorbe

reflet
Embouchure du Ter, Catalunya, octobre 2010
  Happé par les pensées du réveil à la nuit noire, assailli de lueurs têtues sur la misère des âmes comme un ballet de lucioles malades, je m’en remets aux rivages et à leurs écartements pour coucher ma pâte sensible. J’oublie dans un baiser d’argent la morsure inquiète du temps. Le vent me dépouille, la candeur me reprend dans sa vague. Les alluvions salivent à mon passage alourdi, qu’aussitôt le ressac suspend à sa fleur d’écume. J’éprouve les yeux mi-clos la beauté gémissante du ballet de la grève, accord pariétal entre la dévoration terrestre et la vulve marine. Un éblouissement partagé sur ce fil ténu là, la vie s’accorderait à tous les ventres. Et maintenant je rêve de boire sa peau jusqu’au prochain sommeil.

à table !

pelecans
Pélicans à lunettes (Pelecanus conspicillatus), avec une Aigrette intermédiaire (Egretta intermedia) au premier plan à droite et des Sternes hansel au fond (Gelochelidon nilotica) – Cairns, Australie, août 2007
« Ils ont pu tout détruire en moi, sauf justement l’appétit désordonné de vivre. » (Albert Camus, l’Envers et l’Endroit) Année de la Biodiversité, donc. Accompagnons l’événement mondial avec davantage de plumes, de corolles et de bourdonnements au-dessus de ces pages. Soyons chouettes avec la vie. Empressons-nous de la connaître, d’apprendre à nous interroger au-delà de ce que nous essayons d’être. Connaître, c’est aimer à part soi. Si par un étrange malheur la beauté rose d’une dentelle de flamants, une brume d’aube sur un marais plein d’odeurs, un ululement qui déchire la nuit ne nous donnait pas envie d’aimer, de vivre et d’en jouir, c’est qu’il serait vraiment trop tard pour le coeur. [Et on peut s'interroger sur le premier facteur de disparition des espèces : la destruction du milieu naturel. L'artificialisation des sols. La confiscation des terres, des marais, des forêts au profit d'une urbanisation massive, moins dictée par les besoins du plus grand nombre que par des intérêts marchands toujours plus privés. Est-ce que les 593 nouveaux centres commerciaux prévus  d'ici 2015 en France vont contribuer à restaurer la biodiversité ailleurs que dans les aquariums de Botanic?]
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