Articles marqués avec ‘insecte’

figure de la dissidence

libellule

Neurothemis sp., Gede Halimun national park, West Java, juillet 2013
Les forêts grouillent, infusent, rugissent, bruissent, palpitent de toutes parts, mais on ne sait jamais vraiment d’où viennent ces mouvements ni qui les commande. L’immensité des forêts dépasse la raison, déborde nos croyances et conteste notre autorité constructive. L’architecture des profondeurs verdoyantes répond à des signaux qui nous demeurent invisibles. On ne pourra jamais bâtir une ville avec la complexité organique d’une forêt, dans son miraculeux équilibre des forces et des flux, avec ses percolations infinitésimales, son temps qui se perd, ses créatures improductives, qui vont où elles veulent, aiment à discrétion, sans se soucier de performance.

exsangue

Cat Tien National Park, Vietnam, août 2012
« Elle venait entre les saules, elle allait lentement, est-ce qu’elle avait peur aussi? Ou bien est-ce que c’était l’ombre? Je suis allé vers elle, je lui ai dit bonjour. « Alors, comme ça, ça va bien? » « Oui merci. » Nous n’avons plus su que dire. Il y avait un arbre, l’étang était tout près, le vent a passé entre les roseaux et j’ai senti sa main trembler. « Ecoute, est-ce qu’on fait un petit tour? » « On nous verrait, non, j’aime mieux… » « On pourrait s’asseoir. » « Ce n’est pas la peine. » J’ai voulu parler mais je n’ai pas pu et elle était déjà partie. (…) » (Charles-Ferdinand Ramuz, Le Petit Village)

odorante adoration

Syrphe sur une fleur qui pose question : la Raiponce, massif de Belledonne, Isère, le 23 juin 2012
Se risquer plus près, poser ses lèvres sur son archipel à peine éclos. Se laisser bouleverser par ses parfums déroulés d’aube et de houle, frôler ses cyathes de lumière à l’heure où la rosée boit le ciel, sans brusque coup de rame. Et sa main de feu dans ma main de pluie, et l’aubier de son coeur sous l’écorce de mes nuits vieilles. Se laisser gagner par tout ce qu’elle ne retient plus, une plainte, un souffle qui rebondit de joie en larme. Autour de nous on dirait que la terre se termine. La vie n’est jamais plus battante qu’à ses frontières enchevêtrées.

deep pink

Haute-Provence, mai 2012
L’amour confine aussi à un sentiment de solitude. Le coeur gonfle et défaille : du rose à perte de vue et les repères disparaissent. La sensation de relief s’émousse : l’aimerai-je là où elle est vraiment?

bug à la noix

larve du Réduve masqué (Reduvius personatus), Isère, avril 2012
Tes humeurs collantes qui retiennent tout, la poussière et le cirage, te font un négligé d’oubli. Monstre palpitant d’outre-ciel, amas de convoitise : je te perdrais complètement de vue s’il n’y avait l’ombre portée de tes manigances pour me distraire les soirs plus gris que toi.
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