Articles marqués avec ‘insecte’

le bel âge

bebete

Cantharide moine (Cantharis fusca) sur Renoncule, Chartreuse, Isère, mai 2014
Sept ans de bonheur pour le projet Ecolo-Info ! Lancé en mai 2007 par la journaliste Anne-Sophie Novel et une poignée de pionniers pas niais, Ecolo Info s’est rapidement imposé comme l’un des médias influents sur l’écologie et le développement durable. Fort d’une trentaine de contributeurs, le site d’information attire aujourd’hui plus de 2000 lecteurs quotidiens, sans compter près de 23 000 abonnés à la page Facebook. Ecolo Info organise aussi des événements réguliers ouverts à tous, comme cet apéro lundi 26 mai à Grenoble, à propos de l’alimentation bio et locale, au Clair de Lune, 24 rue Très-Cloîtres, à partir de 18h30. Papotages sur le potage et au-delà, les bons plans pour se nourrir intelligemment dans les parages.

figure de la dissidence

libellule

Neurothemis sp., Gede Halimun national park, West Java, juillet 2013
Les forêts grouillent, infusent, rugissent, bruissent, palpitent de toutes parts, mais on ne sait jamais vraiment d’où viennent ces mouvements ni qui les commande. L’immensité des forêts dépasse la raison, déborde nos croyances et conteste notre autorité constructive. L’architecture des profondeurs verdoyantes répond à des signaux qui nous demeurent invisibles. On ne pourra jamais bâtir une ville avec la complexité organique d’une forêt, dans son miraculeux équilibre des forces et des flux, avec ses percolations infinitésimales, son temps qui se perd, ses créatures improductives, qui vont où elles veulent, aiment à discrétion, sans se soucier de performance.

exsangue

Cat Tien National Park, Vietnam, août 2012
« Elle venait entre les saules, elle allait lentement, est-ce qu’elle avait peur aussi? Ou bien est-ce que c’était l’ombre? Je suis allé vers elle, je lui ai dit bonjour. « Alors, comme ça, ça va bien? » « Oui merci. » Nous n’avons plus su que dire. Il y avait un arbre, l’étang était tout près, le vent a passé entre les roseaux et j’ai senti sa main trembler. « Ecoute, est-ce qu’on fait un petit tour? » « On nous verrait, non, j’aime mieux… » « On pourrait s’asseoir. » « Ce n’est pas la peine. » J’ai voulu parler mais je n’ai pas pu et elle était déjà partie. (…) » (Charles-Ferdinand Ramuz, Le Petit Village)

odorante adoration

Syrphe sur une fleur qui pose question : la Raiponce, massif de Belledonne, Isère, le 23 juin 2012
Se risquer plus près, poser ses lèvres sur son archipel à peine éclos. Se laisser bouleverser par ses parfums déroulés d’aube et de houle, frôler ses cyathes de lumière à l’heure où la rosée boit le ciel, sans brusque coup de rame. Et sa main de feu dans ma main de pluie, et l’aubier de son coeur sous l’écorce de mes nuits vieilles. Se laisser gagner par tout ce qu’elle ne retient plus, une plainte, un souffle qui rebondit de joie en larme. Autour de nous on dirait que la terre se termine. La vie n’est jamais plus battante qu’à ses frontières enchevêtrées.

deep pink

Haute-Provence, mai 2012
L’amour confine aussi à un sentiment de solitude. Le coeur gonfle et défaille : du rose à perte de vue et les repères disparaissent. La sensation de relief s’émousse : l’aimerai-je là où elle est vraiment?

bug à la noix

larve du Réduve masqué (Reduvius personatus), Isère, avril 2012
Tes humeurs collantes qui retiennent tout, la poussière et le cirage, te font un négligé d’oubli. Monstre palpitant d’outre-ciel, amas de convoitise : je te perdrais complètement de vue s’il n’y avait l’ombre portée de tes manigances pour me distraire les soirs plus gris que toi.

splendide isolement

massif de Belledonne, Isère, 29 mai 2011
Ma thébaïde est une trompette qui joue du ciel en toutes saisons. Elle s’ouvre et se ferme au gré des palpitations du monde, me protège des impatiences et me libère des agitations pour rien. Au fond d’elle règne un calme absolu qui n’obéit qu’au temps que je lui donne. Ce n’est plus le temps des calendriers qu’on effeuille ni celui des obligations et des échéances, c’est juste le temps d’être soi. Ma tanière d’azur m’offre le confort nécessaire pour croire à ma brève existence, à sa fugitive consistance. C’est là que j’entends le mieux le chant de vivre. C’est le bruissement de mon propre sang, la peau de ma mémoire frottée à un sentiment d’immortalité provisoire.
« Nul ne saute par-dessus son ombre Nul ne saute par-dessus sa source Nul ne saute par-dessus la vulve de sa mère. » (Pascal Quignard, Les Ombres Errantes)

punk not dead

chenille du papillon Livrée des prés (Malacosoma castrensis), Col de Menée (Drôme), 30 avril 2011
Avant l’envol vers la crête des tilleuls, il y a la vie rampante dans les brumes de terre, l’obscurité tiède des basses strates herbues. Le monde d’en bas porte aussi ses couleurs, les rêves sont juste un peu moins bien coiffés. « En plein Vercors comme en plein coeur, un premier mai nous marchions indolents et distraits dans l’écume heureuse de nos rires de rien. » (Jean Perret, Au Hasard de l’Homme, éd. Le Dé Bleu)

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