Articles marqués avec ‘enfant’

le ballon vert

ballonvert

village de l’Atlas, janvier 2014
 
« Il y a cette espèce de croyance en un monde délivré du mal,

Et des cris, et de la souffrance,

Un monde où envisager l’horreur de la naissance

Comme un acte amical

Je veux dire, un monde où l’on pourrait vivre

Depuis le premier instant

Et jusqu’à la fin, jusqu’au terme naturel ;

Un tel monde n’est en aucun cas décrit dans nos livres.
   
Il existe, potentiel. »
 
(Michel Houellebecq, Naissance aquatique d’un homme)
 

bleu horizon

enfantbleu

banlieue de Medan, Sumatra, juillet 2013
La création du nouvel aéroport de Medan, à une quarantaine de kilomètres de la capitale de Sumatra, a bouleversé le paysage. Entre Medan et le tarmac, une voie rapide saturée en quasi-permanence traverse des zones humides et des pâturages en partie remblayés d’où s’élèvent des habitations visiblement construites à la hâte. Les enfants passent leur temps à regarder le spectacle des embouteillages. Aux alentours l’expansion vertigineuse de la culture du palmier à huile, réputée donner du travail à tous, semble loin d’avoir produit tous les bienfaits qu’on lui prêtait.

1, 2, 3 soleils

enfants

Monkey Temple, Pemuteran, Bali, août 2013
Offert aux fontaines de lumière, le temple balinais n’est pas une grotte platonique ni l’un de ces lourds galions de roc qui cherchent à éventrer les nuages. Le temple ici est une maison sans volets où la vie circule, se croise et se mélange, où l’on tisse les mots d’amitié en regardant tourbillonner les hirondelles dans la coupole du ciel. Les enfants, partout, s’accrochent à ses piliers comme à une balançoire, jouent à cache-cache avec les singes et le passant. Gardiens du temple, oui, au sourire désarmant, gardiens du temps surtout, face aux menaces d’écroulement des âmes. Ici les heures ne battent que dans le balancier des montres et d’ailleurs personne n’en porte.

la chaise bleue

Chau Doc, Vietnam, août 2012
C’est tout à fait le genre de petit chien que l’on mange au Vietnam. J’en ai vu deux comme celui-là sur l’étal d’une rôtisserie, sur le marché de Tam Dao, dans le nord du pays. Là-bas, les famines de l’après-guerre ont poussé les gens à se jeter sur n’importe quoi pour subvenir à leurs besoins en protéines animales. C’est pour ça aussi que les oiseaux sont devenus si rares. Ce n’est plus la famine aujourd’hui, mais les habitudes sont prises. Dans le sud, plus influencé par l’occident, les choses sont un peu différentes. Il n’est pas dit que ce jeune chien ait fini embroché comme ses copains du nord. Il semble que la fillette lui voue de l’attention, à moins qu’elle n’exerce sur lui un peu de cruauté en tendant vers l’animal un morceau de fruit qu’elle ne lui donnera pas. « C’est des excès du mal que doit sortir la vérité de l’homme et non des nobles qualités du coeur que l’imagination invente. » (Daniel Leuwers)

le marchand de boîtes à soleil

Hoi An, Vietnam, août 2012

Une petite pièce et la boîte brûlait de ses petites mains dans vos grandes mains, et jusqu’au fleuve qui l’entraînait sur son fil comme un bateau d’espoir. Jolie parabole en carton sur les joies qui grandissent en se transmettant, trait de lumière pour éclairer l’intuition d’un sens à la vie.

Pour peu qu’elle empêche quelques heures la neige d’effacer trop de choses et trop de gens, laissons la barque briller de toute sa chaleur fragile. La blancheur de l’hiver rend les joies toujours plus belles quand elles lui résistent un peu. Ne parlez pas au petit capitaine de l’obsolescence programmée du bonheur. Ne lui dites pas que la vie n’est qu’une attente qui se fatigue au bord d’un fleuve imprévisible. Le temps d’une flamme plus vive, répétons-lui: joyeux Noël.

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