l’impossibilité d’une ville (#5)

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Août 2014
« La vie est fondamentalement impersonnelle, elle n’appartient à personne, elle passe, et chacun y participe à sa manière… Et nous y parvenons en partageant des moments. On ne vivra jamais le tout de la vie de l’autre; mais soi-même non plus, on ne vit pas le tout de sa vie. » (Pierre Zaoui)

l’impossibilité d’une ville (#3)

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Août 2014
« Faire que l’espace naturel ou paysan n’apparaisse plus comme une tache dans l’homogénéité globale de la cité mondiale. Mais comme un lieu qui en fait partie, avec sa fonction un peu spéciale certes, mais définie selon les normes et les besoins de la ville, estampillé par la ville, avalé et digéré par elle. » (François Terrasson, la civilisation anti-nature)

l’impossibilité d’une ville (#2)

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Août 2014
« C’est un petit pays qui se cache parmi ses bois et ses collines; il est paisible, il va sa vie sans se presser sous ses noyers; il a de beaux vergers et de beaux champs de blé, des champs de trèfle et de luzerne, roses et jaunes dans les prés, par grands carrés mal arrangés; il monte vers les bois, il s’abandonne aux pentes vers les vallons, étroits où coulent des ruisseaux et, la nuit, leurs musiques d’eau semblent agrandir encore le silence. » (Charles-Ferdinand Ramuz, Le petit village)

l’impossibilité d’une ville (#1)

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Août 2014
Brumeuse, pas rêveuse. Active, mais sans âme. Chaude, brûlante, invivable sans le secours de l’air conditionné. Même les arrêts de bus sont des blockhaus climatisés. Dubaï doit plaire aux amoureux des rectitudes, aux esprits cartésiens et aux aspirants nouveaux riches. On peut se laisser séduire quelques heures par le foisonnement des vaillants gratte-ciel, le vertige de leur architecture, la folie qui se niche dans ce projet né il y a douze ans à peine. On ne peut pas se passionner longtemps pour le vide sidéral de ses rues, ses quartiers inertes ou son bord de mer sans dune ni mouette. Dubaï est l’anti-New York : un concept qui ne doit rien à la ferveur créatrice de la Grosse Pomme ni aux tumultes de l’Histoire mondiale, seulement à une nécessité financière. Il s’agit pour l’émirat de surmonter sa proche pénurie pétrolière en pariant sur un nouveau modèle économique : la construction orthonormée d’une destination touristique haut de gamme. Figée dans son temps hors du temps, Dubaï serait plutôt un Las Vegas in progress, un mirage dans le désert. Le capteur de l’appareil ne s’est pas subitement déréglé. Les images réalisées là-bas reproduisent sans retouche aucune l’impression spéciale imposée par ce lieu sans ombre ni lumière, où voltigeait ce matin-là un fin rideau de sable.

Né de la dernière pluie

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Mycène conique (Mycena metata) dans son berceau de pluie, massif de Belledonne, Isère, septembre 2014

Le ciel s’était emporté cette nuit-là. L’orage avait roulé sa colère sur la forêt alpestre, s’en était pris aux vielles feuilles, aux jeunes rameaux, aux nids d’oiseaux, brisant net dans ses doigts de feu les rêves des aigles. Au matin, les arbres soufflaient dans la brume calmée. Et déjà la vie revenait à la vie. L’ivresse de passer avec légèreté par-dessus les diamants de pluie emplissait les tiges d’une nouvelle richesse. L’insistance des gouttes avait rendu à la terre sa passion d’émouvoir.

La Nature a toujours quelque chose à offrir, même après ces moments où toute paix semblait perdue. Et elle tiendra, recommencée, même quand nous serons dans les flammes. Ce n’est pas une raison pour précipiter déjà la rage des désenchantements.

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