portraits dans le coaltar (#4)

dame kitulgali

Kitulgali, août 2011
« C’est en vivant que nous nous découvrons, et en même temps que nous découvrons le monde extérieur, il nous façonne, mais nous pouvons aussi agir sur lui. Un équilibre doit être établi entre ces deux mondes, l’intérieur et l’extérieur, qui dans un dialogue constant, n’en forment qu’un et c’est ce monde qu’il nous faut communiquer. » (Henri Cartier-Bresson, Voir Est Un Tout)

portraits dans le coaltar (#1)

vieuxfumeur
Munduk, Bali, août 2013

Un visage pour inaugurer une série que j’avais imaginé publier plus tard, sous un autre titre, dans des occasions plus festives. L’actualité nous presse d’aller vers l’essentiel. Le seul moyen de combattre cette laideur qui rampe de tous côtés, c’est de montrer, sans relâche, à sa petite mesure, la sensualité du monde et la diversité des regards qui le remplissent.

le bel âge

bebete

Cantharide moine (Cantharis fusca) sur Renoncule, Chartreuse, Isère, mai 2014
Sept ans de bonheur pour le projet Ecolo-Info ! Lancé en mai 2007 par la journaliste Anne-Sophie Novel et une poignée de pionniers pas niais, Ecolo Info s’est rapidement imposé comme l’un des médias influents sur l’écologie et le développement durable. Fort d’une trentaine de contributeurs, le site d’information attire aujourd’hui plus de 2000 lecteurs quotidiens, sans compter près de 23 000 abonnés à la page Facebook. Ecolo Info organise aussi des événements réguliers ouverts à tous, comme cet apéro lundi 26 mai à Grenoble, à propos de l’alimentation bio et locale, au Clair de Lune, 24 rue Très-Cloîtres, à partir de 18h30. Papotages sur le potage et au-delà, les bons plans pour se nourrir intelligemment dans les parages.

le malheur des uns fait le bonheur des autres

deuxamoureux
Paris, mai 2014
Un bref moment de désarroi station Châtelet, que les travaux démantibulent. Une signalétique hasardeuse au bout de longs couloirs dédaléens, un accident grave de voyageur qui égaille les usagers du métro en tous sens. Je sors le petit dépliant pour me réorienter dans ce flot empressé, ils se plantent ici et commencent à se rapprocher. Tout est gris et bruyant sauf à l’instant où leurs lèvres se touchent. Ils s’embrassent. Assurément, copieusement – et pourtant je n’aime pas les adverbes. Feignant de ne rien comprendre à cette cartographie des intestins de Paris, je me pourvois en transparence pour mieux épier leurs travaux de mandibules. Leurs yeux se plissent, station enchantée. L’amour est sauf – à cet instant, c’est comme trouver du lait dans des fruits abandonnés.

bali honeymoon

couple

Pemuteran, Bali, août 2013
Ils s’étaient mariés quelques jours avant. Une lune de miel à domicile, sur leur confetti balinais. Ils se connaissent depuis l’enfance. Elle travaille dans une agence gouvernementale, lui sur les bateaux. Ils ne se voient pas tous les jours, ils ont l’habitude de se séparer des semaines entières, c’est toujours pour mieux se retrouver. Ils ont des projets : une maison, des enfants, mais pas tout de suite. Ils veulent « profiter ». Il souffle un vent chaud, la mer est à leurs pieds. A Bali comme ailleurs, la vie est toujours belle et simple dans le coeur des amoureux.

l’escale de mai

chartreuse

Plateau des Petites Roches (Chartreuse) et chaîne de Belledonne. Au fond, le Mont-Blanc. Isère, mai 2014
« Exactement comme chaque plage a son lot particulier de marées hautes et basses, de mortes-eaux et de grandes marées de printemps, il en va de même pour chaque vallée, chaque crête et chaque chaîne de montagnes : l’angle et le rythme du retour de la lumière sont uniques, et les variations pour être subtiles n’en sont pas moins aussi distinctes que celles de mille compositions musicales sur un même thème. L’explosion brute produite par le retour de mai est la même, mais les partitions qu’inspire cette joie sont aussi différentes que leurs compositeurs. » (Rick Bass, le Retour des Cinq Saisons)

le feu et la rouille

tentures

Marrakech, janvier 2014
Tige
Déjà les beaux jours. Et après? lance l’empressé. Après, la pluie retombera sur nos solitudes comme des perles. Tu la verras cribler le jardin. Le beau désastre : violentées les violettes, narguées les marguerites, rossées les roses ! Dans les bras de l’automne, il sera peut-être temps de rêver de la vie qui nous a échappé. J’ai repoussé mes rêves à cette date, dans un éphéméride effeuillé. D’ici là, respirer, semer, cueillir sur le grand autel de la beauté.
Cage
Nous nous sommes tous imaginés qu’à certains moments notre vie pouvait prendre une qualité rare et précieuse. Un projet professionnel qui tient à cœur, une passion amoureuse, une rencontre avec un musicien admiré ou encore une voyage au bout du monde : autant de moments qui offrent l’impression foudroyante d’un accomplissement, ou d’un accès à un état supérieur de l’existence. Pour autant, ces joies se sont révélées le plus souvent fugaces. Elles se sont contractées et diluées dans une insatisfaction nouvelle. Il y a ce phénomène, apparemment inexorable, par lequel le temps reprend sa mollesse quotidienne, selon les mots de Sartre. Il n’y a qu’à les voir, les cupides qui cherchent à être toujours plus riches, les champions sportifs qui s’inventent de nouveaux défis, les comédiens qui se mettent à la chansonnette, pour comprendre l’impossibilité humaine de jouir durablement d’un même état de joie soi.
Refuge
La vie est parfois si douce au coin de tes lèvres qu’on se demande si la douleur a pu réellement exister dans ce grand jardin.
Mensonge
On force continuellement notre vérité. Mais aussi forcée soit-elle, c’est encore notre vérité la plus pure, puisque c’est nous qui la forçons.
Vertige
C’est ce que nous sommes, et seulement ça, qui nous donne à éprouver ce que nous vivons.
Gage
Le monde est une controverse : nous ne serons jamais d’accord sur rien. Et pourtant nous avançons, tous ensemble. Vers quoi? Là non plus, rien d’unanime. Mais j’en connais de moins en moins qui se réjouissent de l’avenir : un baiser, vite, indivisible et jusqu’au fond, si tu es d’accord.

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