Archive pour octobre, 2012

le départ des anges

Cacatoès corellas (Cacatua sanguinea) au couchant, parc national de Kakadu, Australie, août 2007
  - Je resterai partout où je suis passée, partout où j’ai aimé, même trop vite, même si peu. De mes nuages je vois nos souvenirs comme des paysages où les fleurs poussent encore. - Reviendras-tu les respirer avant qu’elles ne fanent? Là où tu es passée, les saisons passent aussi. Ton souffle va manquer à mes corolles. - De là où je me tiens désormais, les grands immeubles ne cachent plus l’horizon. Je vois ton jardin au présent, je le vois aussi de l’autre côté du monde, refleurir dans tous les printemps. Je t’assure, tu n’as plus besoin de moi pour faire gonfler les prés. Laisse la pluie tomber, laisse gémir le vent et flamber le soleil. La beauté des choses à venir vaut la beauté de notre histoire, elle est à revivre en chaque avril. - Mais nous sommes en octobre : nous n’en avons jamais été aussi loin! - Alors écris, écris encore. Joue dans la poussière dorée des jours vaincus. Et ne te presse pas trop de voir le temps filer plus vite : l’impatience ne réussit pas aux étoiles ni à la lune. Garde chaque avril comme un chant neuf, comme une surprise, au détour de l’encre, au bout de l’inattendu. D’ailleurs, ne m’avais-tu pas croisée là?

la flamme rouge

Panier d’Oronges (Amanita caesarea) sur brasier de Cotinus, Drôme, le 25 octobre 2012
  Le souvenir comme une flamme, qui court sur la grande pente de l’automne. Ce matin déjà le jour s’enfuyait derrière les toits. J’ai vu le jardin bleuir sous les bouffées de buis, d’un bleu blème et froid semblable au bleu qui pare les mâchoires de décembre. D’un revers de chandail, l’hiver se trahit. Et je repense à tout ce que nous n’avons pas su nous dire. Aux mots effondrés sur nos lèvres quand la passion écrasait tout – comme des fruits de soleil dont je perds le goût à chaque nuage. Reprendre le chemin de la solitude, dans ses craquements étouffés. Egayer son corps avec la poésie d’un vin vieux et un peu de lune sur les premiers carreaux de givre. Laisser l’incertitude s’éprendre de sa paume en creux – lac, puits, ciboire. On ne croit plus en rien – on espère simplement que tout ira, que tout va, dans l’inquiète lumière du monde.

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