Archive pour janvier, 2011

nom d’un piaf !

oedicneme
Oedicnème criard (Burhinus oedicnemus), Dobrodja, Roumanie, août 2010
Oedicnème, vous en conviendrez, ce n’est pas un nom très simple à porter quand on est un oiseau. C’est un peu la contraction d’Odile et de Nicodème, en plus fort en maths. Son regard à dénouer les axiomes et ses pattes trigonométriques trahissent un géomètre pervers. Un cui-cui de 140 au moins. Et d’ailleurs, l’Oedicnème de Pythagore, c’est très difficile à comprendre. On en a vite fait un oedicnème cérébral.
[en Europe, l'Oedicnème survit dans les zones les plus sèches : quelques coins du sud de la France, "déserts" de l'Aragon et steppes de l'Est, ces terres qu'on n'a pas encore spéculées pour construire de Las Vegas ou extraire du gaz de schiste. Les motifs roulés de son cri durant l'aube d'été font merveille au bout d'une nuit à contempler les étoiles, les vraies.]

l’escarregot

coquillage  

Le bois de Layaz, bois vieux, ses longs frênes arthritiques, a bu tant d’orages pour soulager sa douleur !

Il étale maintenant son sang noir au peu de jour que l’hiver lui laisse. Parfois un rapace vient lui rendre visite et s’accroche à ses ombres squelettiques. Une plainte ou deux pour s’imposer à la brume et déjà le voilà reparti : même les buses rouillent d’ennui, il n’y a rien à vivre ici en janvier.

Pourtant, à s’attarder encore un peu, en grattant la mousse imbue, des petits trésors viennent au bout de l’ongle.

Des légendes océanes, par quelle vague majestueuse emportées, se sont laissé prendre un jour au reflux de l’ambre mort : entrées dans le temps, qui n’est pas le temps, comme du cirage, tartiné dans le cirage.

Coquillage à côté

De ses pompes

funèbres.

Vallée du Grésivaudan, Isère, janvier 2011

quelques pages d’un givre (1)

collection de givrevallée du Grésivaudan, Isère, janvier 2011
Janvier tient la joie en respect dans la profondeur des sous-bois. Découpage à froid d’une géographie dérobée à d’anciens sentiments. Les ciseaux heurtent du métal au passage, du gravier, des éclats de rire, des tessons de bouteilles, comme autant de renoncements. Givre ouvert à la page de sang : sur le palimpseste de l’hiver tracent des chemins profanés; courent des veines qui se perdent sous la dentelle inachevée.

© 2009-2014 - GEASTER

ИТ новости