Archive pour août, 2011

rivages, ravages, visages

Kirinda, Sri Lanka, août 2011
La fougue permanente de l’océan ici rappelle le danger de l’aventure. En décembre 2004, la colère d’une vague a ravagé la côte, emportant des milliers de gens. Le rêve a résisté. Presque sept ans après le terrible tsunami, on reconstruit encore des maisons, des villages, des ports de pêche. On ne sait pas, on ne peut pas vivre loin de la mer très longtemps. La fascination et les nécessités sont plus fortes que la menace.

sri lanka express

Ella, Sri Lanka, août 2011
Le petit serpent vert, fin comme une liane, que j’ai pris entre mes doigts à Sinharaja ; Les parapluies sous la pluie, les parapluies sous le soleil; Le bruit métallique des lames qui découpent le kottu roti en fin de journée ; Nos pieds nus sur les chemins forestiers, bravant les sangsues ; Les éléphants en maraude, les panthères assoupies, cet ours surpris en train de boire ; Les cocotiers inclinés de la plage d’Uppuveli ; Les chercheurs de pierres jaunes et rouges au fond du trou ; Le pont de la rivière Kwaï et Jungle Boy ; Les singes coiffés, les singes à rouflaquettes, les singes voleurs de fleurs ; L’odeur des fleurs du frangipanier, qui continue après la fanaison, le parfum des caféiers en fleurs; Les sourires échangés partout ; les dialogues esquissés par tous les moyens ; Tout ce vert, cette verdure massive, qui étouffe et éclaire ; Les renards volants électrocutés sur les fils ; Le cobra dressé sur le perron ; Les photos de bébés dans les tuk-tuk, les autobus décorés comme des sapins de Noël ; La mémée qui nous prépare la soupe aux herbes à six heures du matin ; Les petites épiceries sans vitrine ; le dentifrice ayur-védique, la crème de banane épilatoire ; Les tambours sacrés ; la danse des éléphants costumés ; L’introuvable Pirolle de Ceylan ; le chant du Coucou Koël par tous les temps ; Les antennes nacrées des homards tapis sous leur rocher ; les poissons-coffres, les poissons-perroquets, les poissons-trompettes ; les poissons grillés au gingembre ; Toutes ces maisons qui n’en sont pas vraiment ; ces enfants doux qui en débordent ; Les mangues au goût de paradis sur le bord de la route; le filet de lime sur la papaye ; Les terrines d’argile suspendues le long des routes ; le miel de palmier qui arrose le fromage de buffle ; Les perruches qui font une nouvelle vie aux cités anciennes ; Le crachin gris et froid de Nuwara Eliya, la brume tenace sur les rhododendrons d’Horton Plains ; Les maisons coloniales délabrées ; la jungle autour ; des barbelés ; Les mains caleuses des pêcheurs, leurs bouches édentées par le bétel ; leurs filets lourds de rien ; Les crêpes à la banane à Ganesh Garden sur fond de rumeur océane; Le thé au lait sous les vieux ventilateurs du Kandy Muslim Hotel ; les prières sous l’arbre sacré ; Le couic-couic des margouillats ; l’appel à la prière à cinq heures trente ; Le lit immense à Coconut Beach Lodge ; les moustiques sous la moustiquaire ; Les rides crevassées au front des cueilleuses de thé tamoules ; Buddha qui te regarde encore, 2000 ans après toutes ces guerres et ces désastres ; Et la conviction mille fois vérifiée que ce monde est beau, dans sa diversité sublime, et qu’il nous appartient plus que jamais de secouer les peurs qui empêchent l’amour.

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